Sommet mondial de la Construction : pérenniser l’activité à l'export

En marge du dernier salon Batimat, s’est tenu le premier Sommet mondial de la Construction dans le cadre prestigieux du musée du Quai Branly. Devant près de 200 personnes, les présidents des filiales construction de Bouygues et Vinci ont exposé leur stratégie face à la concurrence internationale.

 Alors que la part de l’Europe dans le marché mondial devrait être inférieure à 20 % à l’horizon 2020, Michel Vivinis, responsable du secteur construction et immobilier pour la société d’études économiques Bipe, rappelle que : « Le développement à l’international est un passage obligé pour les groupes qui cherchent à croître, et ce d’autant plus lorsque le marché est déprimé. » La stratégie des majors français Bouygues et Vinci – qui réalisent chacun environ 50 % de leur chiffre d’affaires (CA) à l’export – n’échappe pas à cette règle. Comme l’explique Yves Gabriel, Pdg de Bouygues Construction : « En 30 ans, notre modèle à l’exportation a évolué. Nous cherchons désormais à nous différencier en étant innovants sur des opérations « one shot » pour ensuite pérenniser notre activité sur place. Par exemple, nous intégrons l’ingénierie financière et juridique en amont dans nos offres. »
« Il y a 20 ans, nous construisions l’ouvrage. Aujourd’hui, nous le construisons et nous l’exploitons dans le cadre d’opérations complexes que l’on nomme multi-métiers + systèmes », indique pour sa part Jean Rossi, président de Vinci Construction. « Notre stratégie, pour les grands projets internationaux, est de travailler avec des entreprises locales que nous rachetons éventuellement par la suite. »
Si les pays émergents sont considérés comme les « nouveaux eldorados » des grands constructeurs européens, il semble qu’il y ait encore loin du rêve à la réalité. Pour Michel Démarre, président de l’European International Contractors (EIC), « les chantiers à l’export ont eu tendance à baisser ces dernières années, les entreprises européennes préférant les pays de l’OCDE, jugés moins risqués et plus coopérants. » Ainsi, Bouygues et Vinci restent, pour l’heure, relativement indifférents aux sirènes de la Chine continentale. « Nous ne savons pas faire des projets à bas coûts », lance Yves Gabriel. Un pays comme l’Inde n’a pas meilleure fortune : sa corruption endémique le dessert. « Nous essayons d’y travailler mais nous rencontrons des difficultés au niveau des marchés publics… », fait savoir Jean Rossi.
A contrario, même s’ils s’avèrent « très compétitifs », selon Yves Gabriel, les pays du Proche et du Moyen-Orient continuent de tirer leur épingle du jeu. « Parmi eux, le Qatar fait la différence, si bien que tout le monde se retrouve là-bas… », précise le Pdg de Bouygues Construction. Mais c’est l’Afrique, in fine, qui apparaît comme la « terre promise » pour les années à venir. Entre 2005 et 2011, le CA de Vinci y est passé de 350 à 900 M€. Les groupes Chinois ne s’y trompent pas non plus, et s’y implantent massivement. « Depuis que le gouvernement chinois leur a dit en 2005 « Go global ! », la part de marché à l’international des constructeurs chinois ne cesse d’augmenter », conclut Michel Démarre.



Par Anthony Laurent, le 12/12/2011

 
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