Chantiers
Le BTP en éruption à la Réunion
Par Franck Prades - 12.03.08 - BTP Magazine
Les chantiers se bousculent à la Réunion. La forte concentration de grues à tour et pas uniquement sur la Route des Tamarins est un bon indicateur. On manque cruellement de logements et d’équipements tertiaires et le régime fiscal local favorise la spéculation immobilière. Ces deux éléments conjugués ont mis le feu aux poudres et les projets immobiliers explosent. Les entreprises du secteur ont du mal à suivre, d’autant qu’il faut disposer des hommes et des matériels nécessaires. « En tant que responsable d’un parc matériels d’une des toutes premières entreprises de construction de l’île, la notion de distance et d’éloignement reste un critère primordial à prendre en compte dans les investissements annuels à consacrer aux nouveaux équipements » rappelle Jean-Claude Lalanne, responsable du parc des matériels pour la partie Bâtiment de SBTPC, filiale du groupe Vinci. Effectivement, a contrario de la métropole où en règle générale, les parcs d’entreprises couvrent entre 50 et 60 % des besoins d’un chantier, à la Réunion, les entreprises doivent faire face à leur carnet de commandes avec des moyens en propres. SBTPC qui traite en moyenne 20 chantiers en simultanée, gère un parc d’outils coffrants assez conséquent d’une surface 80 000 m², dont 4 000 m² de banches métalliques, principalement Outinord BU 8 000 Evolution et Hussor T70. Parallèlement l’entreprise possède 21 grues à tour dont plusieurs modèles à montage rapide, des M265 de Potain. La surface du parc matériel de SBTPC s’étend sur plus de 2 hectares. « Sur l’île, on fait uniquement appel à la location pour écrêter les pics d’activités. Pour cela, nous travaillons avec des acteurs locaux spécialisés comme Jalmat OI qui peut nous fournir aussi bien les étaiements, les coffrages et les accessoires de sécurité associés dont nous avons besoin que des prestations sur l’assistance au montage sur chantiers » souligne une nouvelle fois Jean-Claude Lalanne.
En ce qui concerne les tours d’étaiements et étais, SBTPC fait confiance aux marques Mills et Jalmat, des outils plutôt utilisés pour la construction de lycées, collèges ou de halls comme pour le nouveau parc des expositions de St Denis. « Pour des structures de bâtiments à grande portée, à grand port à faux ou encore de grandes hauteurs, l’utilisation de tours d’étaiements est nécessaire » explique encore Jean-Claude Lalanne. SBTPC en possède 6 000 étais dont 400 tours d’étaiements. Enfin, au niveau coffrages modulaires de plancher, la filiale de Vinci dispose entre 1 800 à 2 000 m2 de coffrages Ischebeck.
Sécurité et productivité
Si historiquement l’entreprise utilise des banches métalliques de marque Hussor, les avantages techniques du modèle Outinord BU 8 000 Evolution a incité SBTPC à intégrer une deuxième marque de coffrages dans son parc. L’outil répond à de nombreuses contraintes sur chantier, tant en terme de manipulation et de transport grâce à une certaine compacité, qu’en terme de facilité de gestion des accessoires de la banche et de sécurité d’utilisation. « Le fabricant a travaillé sur un système d’accouplement des banches entre elles, notamment un dispositif de superpositions intégrées, utile et pratique sur les chantiers. De plus, tous les petits accessoires et pièces nécessaires au fonctionnement de la banche ont été liés au matériel et deviennent donc imperdables. Autant d’améliorations qui comptent dans la productivité non seulement du chantier mais dans l’optimisation de la gestion d’un parc matériel » explique Alain Jarry, responsable de l’activité de Jalmat OI. Côté sécurité, la banche Outinord BU 8 000 évolution intègre une console pignon périphérique (CP3CS), indissociable de la banche mais rétractable pour faciliter sa manutention et son transport. Côté sécurité, l’entreprise utilise des consoles périmétriques Outinord type CP3CS, SBTPC en possède quelques 1 000 ml.
Outils spécifiques chez SOGEA
SOGEA à la Réunion réalise, en plus d’une activité traditionnelle d’entreprise de construction, des travaux hydrauliques, des ouvrages de génie civil comme les stations d’épuration et dispose d’un département travaux spéciaux pour la pose de filet de soutènement de paroi. Pour cela, SOGEA utilisent des moyens matériels plus liés à son activité comme des blindages de tranchées ou des coffrages circulaires pour la réalisation des bassins de STEP. Ce qui n’empêche pas l’entreprise de gérer un parc de banches métalliques de marques Sateco et Outinord, entretenues et stockées sur une plate-forme de 1,5 hectare. Concernant les étais, SOGEA travaille avec Mills et EuroAlu.
Jalmat OI crève le plafond
Reprenant l’activité en 2000, Alain Jarry réorganise la filiale du n° 1 Français de l’étaiement et prend rapidement une part non négligeable du marché de la vente et de la location d’outils coffrant dans la zone océan indien et notamment sur l’île de la Réunion. Disposant d’un parc locatif de 1 000 m²de surface et d’une disponibilité importante en matière de coffrages et d’étaies, Jalmat OI est devenu un acteur prépondérant du marché, d’autant que la filiale dispose d’un service assistance au montage sur chantier qui réalise en moyenne 3 500 m² de surface coffrante chaque année.
Les acteurs de la construction à la Réunion
Groupe Vinci : SBTPC et SOGEA
SBTPC : Bâtiment - Travaux publics
600 personnes, effectif fluctuant en fonction des projets
CA du secteur bâtiment :
50 M€ en 2005
54 M€ en 2006
60 M€ en 2007
CA du secteur TP/VRD : plus de 100 M€
SOGEA : Bâtiment – Travaux publics – Génie civil
CA entre 25 et 30 M€
Groupe Bouygues – GTOI
Autres entreprises indépendantes ou filiales de groupe de métropole
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