Chantiers
« S’il vient à voir le jour… »
Par P. N. - 24.10.08 - BTP Magazine
Trente ans après le lancement des premières études, le projet d’un tunnel ferroviaire entre l’Espagne et le Maroc et sous le détroit de Gibraltar refait surface, si l’on peut dire. Le 13 octobre prochain, les autorités espagnoles et marocaines vont ainsi présenter le projet à l’Union européenne.
« S’il vient à voir le jour, le tunnel sous-marin entre le Maroc et l’Espagne pourrait être ce que fut en son temps la construction du canal de Suez, celle du canal de Panama ou encore du tunnel sous la Manche », devait s’exclamer, non sans lyrisme l’ancien ministre espagnol du Développement Francisco Alvarez-Cascos lors de la présentation de l’ébauche du projet en 2001. Car ce tunnel de liaison entre les deux États voisins et dont les premiers jalons avaient été posés dans les années 80 est aujourd’hui au cœur de l’actualité politique, à l’heure de l’Union pour la Méditerranée cher à Nicolas Sarkozy. D’ailleurs, le Maroc et l’Espagne vont le présenter le 13 octobre prochain aux autorités de l’Union européenne, le principal bailleur de fonds.
Cette liaison ferroviaire entre Tanger et Tarifa, portée par deux sociétés d’État chargées des études, la Sned à Rabat et la Seceg à Madrid, nécessitera un investissement qui dépassera certainement les 15 Md€ estimés.
Inspiré du projet transmanche, l’ouvrage doit relier le Nord du Maroc au Sud de l’Espagne par deux tubes (un pour chaque sens de circulation) de 42 km de long, dont 27,7 km sous la Méditerranée, et une galerie technique. Sa profondeur maximale serait d’environ 400 mètres, dont une centaine de mètre de roche et 300 m de hauteur d’eau, constituant de la sorte un record mondial.
Le tracé et la profondeur définitifs seront toutefois déterminés en fonction des études géologiques et géotechniques du sous-sol.
La route choisie a priori est celle qui reliera Punta Paloma (Espagne) à Punta Malabata à l’est de Tanger. Ce n’est peut être pas le tracé le plus court mais c’est certainement celui qui présente l’avantage d’être le moins profond.
Sa mise en service pourrait intervenir en 2025. Il permettrait alors le transit annuel de 11 millions de passagers, 1,6 millions de voiture et près de 500 000 camions transportés sur des navettes similaires à celles exploitées par Eurotunnel.
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