Fin de partie pour le Palais des Sports

Fin de partie pour le Palais des Sports

Depuis la construction du Palais des Victoires en périphérie cannoise il y a deux ans, et qui a pris le relais pour les rencontres sportives nationales et internationales, ce bâtiment était assimilé à une vilaine verrue. Il est donc désormais en phase de démolition pour laisser place à des parkings et à des terrains… de sports. La boucle est bouclée.


C’est que le quartier a toujours été un quartier à tendance culturelle et sportive. Ni tout à fait dans le centre-ville, ni tout à fait éloigné. Une médiathèque, une MJC, et jusqu’à hier, un Palais des sports qui a vibré aux rythmes des sportifs cannois, notamment des équipes de volley-ball masculine et féminine qui évoluent toutes deux à un niveau international. Mais depuis deux ans et la livraison du nouveau Palais des Victoires, le Palais des Sports avait fermé ses portes. Tagé, laissé à l’abandon, le bâtiment s’est rapidement dégradé. La municipalité a alors réfléchi à la création de nouveaux équipements. Au printemps prochain, en lieu et place de la structure, s’étendront un parc de stationnement  de 63 places pour voitures et 20 places pour deux-roues, deux terrains multisports pour la pratique du football, du volley-ball et du basket-ball et deux terrains de beach-volley. Parallèlement, les espaces verts existants seront rafraîchis et un système d’arrosage mis en place. Le coût total de l’opération s’élève à 540 000 euros. Depuis le 21 janvier, on est passé à l’action. Le marché de la démolition a été dévolu à l’entreprise Scoffier Frères, installée à Gilette dans l’arrière-pays niçois pour 200 K€. Aucune difficulté technique particulière sur ce chantier. « Nous avons commencé par déconstruire : enlever les portes, trier ce qui était fils électriques, ce qui était métallique… » explique Stéphanie Scoffier. Pour sa part, AG Development, qui a obtenu le marché de désamiantage, et qui avait répondu en groupement avec Scoffier Frères, est intervenu assez rapidement, notamment sur les panneaux extérieurs. Basée à Pont-Saint-Esprit dans le Gard, cette entreprise est spécialisée dans la décontamination de site. « Nous n’avons pas eu besoin de grosses machines, nous avons commencé avec une pelle de 5 T, nous avons déposé tous les gradins en bois à la pelle et les gradins en aggloméré au godet ».

 

Un chantier de valeur


Si aucune difficulté technique n’est apparue, il n’en reste pas moins que ce chantier se distingue d’une toute autre façon. Et c’est par la valorisation de sa structure en bois. « Nous voulions la conserver et nous sommes actuellement en pourparlers afin de la vendre à une entreprise » révèle Stéphanie Scoffier qui précise que le travail en a été rendu un peu plus délicat. « Une grue de 35 T et une nacelle de 20 mètres vont nous permettre de la déposer proprement au sol. Ensuite il faudra déboulonner les parties tenues entre elles. Et à l’entreprise qui l’aura acquise d’en assurer le transport ». Un choix de « recyclage » qui détonne dans la région. « Nous avions le choix, soit de mettre par terre cette partie en bois, soit de la sauvegarder. Nous avons opté pour la deuxième solution. Certes le coût est un peu plus élevé, le travail du coup, plus précautionneux, mais nous nous y retrouvons sur le prix de la revente ». Et Stéphanie Scoffier d’insister sur le caractère rare de la chose. Car à sa grande surprise « aucun des charpentiers du département, contacté, n’a pris la peine de nous rappeler ». Ce sera donc sous des cieux extérieurs au département, voire très certainement stéphanois, que la structure pourrait connaître une seconde vie. « Il n’y a pas de filière de valorisation dans les Alpes-Maritimes » déplore la jeune femme impliquée dans l’entreprise familiale depuis une dizaine d’années. « Tout ce que nous avons pu valoriser sur ce chantier n’est pas resté dans le département ».

 

Pris de haut


Un autre des particularités de ce chantier, cette fois-ci pour l’entreprise, a été le recours à des travailleurs acrobatiques pour la dépose de la couverture métallique. Une première pour Scoffier Frères qui avait l’habitude pour ce type de travaux, de faire appel à Sisyphe, une entreprise de Carros spécialisée dans les travaux d’accès difficile. Mais désormais, c’est sur sa propre équipe en interne qu’elle a pu compter. En effet, Scoffier Frères vient d’ajouter cette nouvelle corde à son arc. Ils ont donc été six travailleurs acrobates à apporter tous leurs soins pendant 4 jours à cette couverture « que nous aurions pu déposer entièrement avec une nacelle mais du fait qu’elle était constituée de plusieurs parties, nous avons d’abord dû intervenir sur l’extérieur avant de nous intéresser à l’intérieur ». Prochaine étape, le concassage du dallage en béton. Aux manettes, l’entreprise TerAzur. « Nous allons faire un peu de bruit, mais cela ne devrait pas trop déranger le voisinage. Quant à la poussière, nous arroserons en permanence », précise Stéphanie Scoffier. Pour ce qui est des gravats, un broyeur de 20 T équipé d’une cisaille à béton permettra de générer 800 m3. 500 d’entre eux seront réutilisés, les 300 m3 restants probablement envoyés sur des chantiers environnants. Celui-ci a tout de même été qualifié de « grisant » selon le chef de chantier qui conduit une équipe de trois autres employés, deux manœuvres et un conducteur Cacès. « Je voulais quelqu’un de délicat, qui comprenne l’enjeu du travail à faire », explique Stéphanie Scoffier qui en suit chaque phase.

Le terrain du Palais des Sports devrait être, selon le calendrier établi, fin prêt pour début mars. Avant que s’enchaînent la construction du parking et des terrains de sport. Un autre round commence…


Les principaux intervenants :


Maître d’ouvrage : Ville de Cannes

Marché de démolition : groupement Scoffier Frères-AG Developement

Concasseur : Terazur

Montant du chantier : 200 K€



Par Laurence Bottero, le 30-03-2008

 
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