FRANCE BTP EN Page d'accueil | Favoris
Identifiant : Mot de passe : | S'inscrire / Oubli
ACTUALITÉS MAGAZINES ÉVÈNEMENTS ABONNEMENTS GROUPE CAYOLA CONTACTS
DOSSIERS

Béton fibré à ultra-hautes performances : un matériau de construction innovant


Par Christine Raynaud, Pascal Graindorge, la rédaction - 17.07.08 - Magazine BTP Matériaux
              Envoyer par mail
Béton fibré à ultra-hautes performances : un matériau de construction innovant
Les progrès dans le domaine des adjuvants, des méthodes de formulation et de l'utilisation des ultra-fines ont conduit à une évolution spectaculaire des bétons. Des bétons courants de résistance en compression de 30 MPa, la gamme s'est élargie aux bétons à hautes et ultra hautes performances. Le béton fibré à ultra-hautes performances est un matériau de construction innovant : l'adjonction de fibres métalliques lui confère une résistance 6 fois plus élevée qu'un béton normal avec une durabilité elle aussi plus élevée. Il se distingue des bétons à hautes et très hautes performances :
- par sa résistance en compression systématiquement supérieure à 150 MPa,      
- par l'emploi systématique de fibres qui assurent la non fragilité du matériau et modifient le recours classique aux armatures passives,      
-  par le fort dosage en liant et par la sélection particulière dont les granulats font l'objet. 
Les applications possibles pour le BFUHP sont des éléments en compression fortement sollicités comme par exemple des colonnes pour des bâtiments. Une autre utilisation sont les structures de grandes portées pour les porteurs des halles ou des ponts. Le système des poutres sous-tendues est par exemple un concept adéquat pour cette utilisation.


BTHP et BFUP : des potentiels à exploiter

Les Bétons à Très Hautes Performances (BTHP) et les Bétons à Ultra Hautes Performances (BFUP) résultent d’une synthèse des progrès réalisés ces trente dernières années sur l’optimisation du squelette granulaire, l’adjuvantation et l’utilisation des fibres. Concernant la résistance à la compression et selon la définition donnée dans les recommandations de l’AFGC, les BFUP dépassent 150 MPa. Par définition, les performances des BTHP se situent entre celles des Bétons à Hautes Performances (BHP) et celles des BFUP. Les résistances mécaniques des BTHP sont donc comprises entre 100 et 150 MPa. Mais ne retenir que la résistance à la compression comme élément de comparaison serait réducteur. En fait, ces deux familles de nouveaux bétons diffèrent des bétons traditionnels par bien d’autres propriétés. Explications de Patrick Rougeau, Sylvain Dehaudt et Philippe Francisco du CERIB.
Les BFUP, développés il y a une quinzaine d’année dans les laboratoires suscitent aujourd’hui un intérêt croissant de la part des industriels de la préfabrication. L’industrie du béton s’est toujours montrée précurseur lorsqu’il s’agit d’étudier concrètement le potentiel d’un nouveau matériau. Citons les premières utilisations de Bétons à Hautes Performances (BHP) dans l’industrie du béton qui remontent aux années 30 avec les réalisations de Freyssinet. A l’époque, des bétons, dont la résistance se situait entre 80 et 100 MPa, associés à de nouvelles techniques de fabrication, ont été utilisés pour fabriquer des conduites et des pieux en béton précontraint particulièrement innovants. Aujourd’hui, la gamme de bétons disponible en usine s’est considérablement étoffée. Les BHP et les Bétons Auto-Plaçants (BAP) sont couramment utilisés. Si les BTHP et les BFUP sont aujourd’hui moins utilisés en volume que les BHP et les BAP, ils constituent cependant pour l’industriel autant de réponses innovantes lorsque les solutions traditionnelles ne permettent plus de répondre aux exigences du cahier des charges.

Les BFUP dans les produits préfa

Les BFUP sont actuellement utilisés pour une grande diversité de produits préfabriqués : poutres, poutrelles, tuyaux, passerelles, murs acoustiques, panneaux de façades, sculptures, abris, coques, palplanches, corniches, passerelles, mobilier urbain et d’intérieur, éléments de réservoir, machines-outils, conteneurs de déchets radioactifs, voussoirs… On le voit, les BFUP permettent de réelles innovations pour les produits préfabriqués. C’est le cas également des bétons dits à Très Hautes Performances fibrés (BTHP). Les BTHP présentent également un intérêt de tout premier ordre compte tenu de leur prix de revient moins élevé, essentiellement en raison de leur dosage en fibres plus faible comparativement à celui des BFUP, généralement 2 % en volume pour ces derniers.

Exploiter leur potentiel

Pour répondre aux attentes de la profession, le CERIB a réalisé depuis une dizaine d’années plusieurs études afin de préciser le potentiel de ces nouveaux bétons et de les rendre plus compatibles avec les exigences des usines. Parmi les thèmes ayant fait ou faisant l’objet d’investigations, citons l’optimisation du malaxage, la mise en place, la diminution du bullage, l’accélération de leur durcissement, la cure, la résistance au feu et dernièrement la maîtrise de la précontrainte. Si les efforts aujourd’hui portent toujours sur les aspects liés à la composition, de plus en plus d’investigations sont menées afin d’améliorer les différents aspects de l’interface béton-machine. En effet, pour exploiter pleinement le potentiel des BTHP et des BFUP, il faut bien entendu dimensionner les produits en tenant compte des caractéristiques exceptionnelles de ces matériaux, notamment leur comportement en flexion, mais aussi adapter le process de fabrication. Le malaxage est une phase clé pour ces matériaux qui comportent une quantité d’eau particulièrement faible, le rapport Eau/Ciment des BFUP est généralement inférieur à 0,22. Les caractéristiques rhéologiques de ces matériaux, généralement également auto-plaçants, ouvrent la porte à des procédés de mise en place encore peu utilisés en usine, le pompage et l’injection en pied de moule par exemples. La cure constitue un autre point important pour une utilisation de ces matériaux à l’échelon industriel. Les propriétés physico-chimiques des BTHP et des BFUP, spécifiques en raison de leur très faible rapport Eau/Ciment et de leur volume de pâte élevé, impliquent une attention particulière vis-à-vis des risques de dessiccation.

Répondre aux préoccupations des industriels

L’utilisation de la précontrainte sur les BFUP permettra aux industriels de réaliser des produits particulièrement résistants et élancés. Pour la réalisation d’éléments minces précontraints, le comportement des BFUP vis-à-vis des déformations différées telles que le fluage et le retrait constitue un point déterminant. Actuellement, les référentiels pour le dimensionnement des structures en béton (Eurocodes) ne couvrent pas les BFUP et ne proposent donc pas de modèles prédictifs pour leurs déformations différées. Une nouvelle étude a donc été initiée par le CERIB afin de définir un modèle prédictif permettant de déterminer les pertes de précontraintes liées aux déformations différées. Elle est réalisée dans le cadre d’un partenariat avec l’Ecole Normale Supérieure de Cachan et fait l’objet du travail de thèse de Philippe Francisco, Responsable du Pôle Physico-Chimie des Matériaux au CERIB. Le volet expérimental de l’étude porte sur des BFUP traités thermiquement dont les performances mécaniques à très jeune âge sont compatibles avec une des préoccupations importantes pour les industriels, le fait de pouvoir relâcher les câbles de précontrainte dans un délai de l’ordre de 20 heures après le coulage du matériau. Ce projet se situe dans le prolongement d’une étude précédente dont l’objectif avait été d’optimiser le squelette granulaire du BFUP et les caractéristiques du traitement thermique (durée de la phase de pré-prise, vitesse de montée en température, température et durée du palier). La durée totale du traitement thermique est en effet un facteur essentiel qui conditionne les cadences de production, les éléments étant ensuite démoulés et transportés sur leur lieu de stockage. Des résistances mécaniques supérieures à 120 MPa ont pu être obtenues à un jour, tout en atteignant à 28 jours une résistance supérieure à la valeur seuil considérée aujourd’hui pour définir les BFUP (150 MPa).

Disposer d’équipements performants

S’il est nécessaire d’adapter les process industriels pour utiliser au mieux le potentiel des nouveaux bétons, il est également impératif de disposer en laboratoire d’équipements performants. C’est pourquoi, le CERIB s’est récemment doté d’un nouveau malaxeur adapté au mélange de constituants fins et d’un dispositif permettant la mesure précise des modules d’élasticité. Ce malaxeur, d’une capacité de 120 litres, dispose d’une cuve rotative inclinée, d’un tourbillon pouvant tourner dans le même sens ou en sens inverse de la cuve sur une plage de vitesse comprise entre 1 et 15 m/s. La conception du malaxeur permet d’obtenir une énergie de malaxage importante et facilite la dispersion des éléments fins. Il est de plus équipé d’un dispositif de commande intégré qui permet, d’une part de programmer des cycles de fabrication avec des durées de malaxage et des vitesses de rotation des organes de mélange différentes, et d’autre part de suivre les paramètres comme la température ou l’évolution de l’énergie développée. Le dispositif de mesure du module est constitué d’une presse de 500 kN pilotée en déplacement et d’une centrale d’acquisition pour capteurs de déformation pouvant enregistrer jusqu’à 2000 mesures par seconde. Cet équipement permet par exemple de préciser la contribution des granulats au module du béton, en fonction de leur nature et caractéristiques et d’évaluer l’influence du traitement thermique.

L’incontournable : l’environnement

Dans le contexte du développement durable, l’évaluation de la contribution des BTHP et des BFUP en termes d’impact environnemental devient un point incontournable. Une étude est actuellement en cours au CERIB sur ce sujet. Il s’agit de quantifier les caractéristiques environnementales des produits à base de nouveaux bétons en réalisant une analyse du cycle de vie des produits. Comme tout nouveau matériau, il est important de prendre en compte les apports de ces nouveaux bétons sur l'ensemble du cycle de vie des ouvrages : matières premières utilisées (disponibilité, coûts,..), énergie consommée, impact environnemental, moyens de manutention, économies sur les postes liés à l’étanchéité, durabilité, esthétique, réutilisation en fin du cycle de vie... Les premiers résultats sont très prometteurs. Par rapport aux émissions de CO2 par exemple, comparativement aux bétons traditionnels, ces nouveaux bétons contiennent une quantité de ciment plus importante, mais compte tenu de leurs caractéristiques mécaniques, la quantité de matériau utilisée est beaucoup moins importante à performances mécaniques équivalentes au niveau du produit. C’est le cas en particulier lorsqu’un BFUP est utilisé.

Des concurrents sérieux

Les BTHP et les BFUP constituent une gamme de bétons complémentaire aux bétons traditionnels. Compte tenu de leurs caractéristiques, les nouveaux bétons se positionnent davantage comme des concurrents vis-à-vis de matériaux tels que l’acier, l’aluminium, les résines, que comme des concurrents au béton armé traditionnel. Ces bétons ouvrent la porte à de nouveaux éléments composites utilisant au mieux les propriétés de matériaux différents (acier, verre, béton traditionnel, bois,…) et les techniques de collage notamment. Les structures composées de BFUP confinés dans des tubes en acier en sont un exemple. Il apparaît clairement aujourd’hui que les BTHP et les BFUP nécessitent de mener une réflexion en ayant une approche système à l’échelle de l’ouvrage et non plus seulement au niveau du produit. Le surcoût lié aux matières premières peut être largement compensé par les gains de temps sur le chantier résultant d’un assemblage des éléments plus rapide, de la réduction des dimensions des fondations du fait de l’allègement des structures et des économies réalisées sur le long terme grâce à l’excellente durabilité des BTHP et des BFUP. Ces matériaux permettent de réaliser des produits plus complexes apportant davantage de fonctions à l’ouvrage.

Propriété de ces nouveaux bétons :
Résistance à la flexion, aux chocs, à l’abrasion, aux agressions chimiques, au gel, plus généralement, une bonne tenue dans le temps, ainsi que des caractéristiques esthétiques.


Le béton entre au Musée

Dans le cadre de la restructuration du Musée Toulouse-Lautrec à Albi, le maître d’œuvre et l’entreprise Eiffage ont pris le parti de faire appel à l’utilisation d’un Béton Fibré à Ultra Hautes Performances, (BFUP),  pour la réalisation de certains ouvrages structuraux.
Dans l’une des  salles d’expositions du Musée Toulouse-Lautrec à Albi, l’architecte était confronté à l’importance des sections des poteaux de structures.
Afin de mieux les intégrer architecturalement, en les minimisant dans l’espace, mais tout en conservant le matériau «  béton », le BSI®/Céracem a été choisi. La qualité d’aspect de surface du BFUP, à par ailleurs permis de garder dans un tel contexte décoratif, cet ouvrage structurel, en aspect « brut ».
La structure prévue initialement comportait des poteaux carrés et circulaires de 55 cm de côtés et de 60 cm de diamètre. De part ses caractéristiques physiques et mécaniques, l’utilisation du BFUP a permis de réduire par 4 les équarrissages. Les sections ont ainsi été réduites de 60 cm à 30 cm !
Ces poteaux ont pour fonction principale de porter le plancher lourd de la future terrasse (poutres précontraintes et dalle BA). Ils ont été calculés sur la base d’un encastrement en pied et d’une articulation en tête.

Un béton aussi décoratif que performant !

L’effort dimensionnant a été le flambement (diamètre 30cm, pour une hauteur libre de 5.60m). Les charges reprises par ces éléments sont de 145 t pour les charges permanentes et de 30 t pour les charges d’exploitations (ELS). Pour limiter les efforts dus aux rotations des poutres, qui auraient engendrés un moment dans les poteaux, un traitement particulier de l’appui des poutres précontraintes, a été réalisé. Cette articulation est constituée par l’association de 2 plaques de répartitions indépendantes. Tout d’abord, une première plaque, constituée par demi tube soudé sur une plaque de 60 mm d’épaisseur,  mis en place en tête de poteau au  bétonnage, puis d’une seconde, formée d’un chapiteau préfabriqué et renforcée par un plat métallique de 115 mm d’épaisseur. La tête du poteau se trouve ainsi libérée des rotations des poutres supportées (voir schéma). Les poutres porteuses ont été posées et clavetées sur ce chapiteau.
La production de ce béton est réalisée sur le site par un malaxeur. Le BFUP est livré sous forme de prémix (pré-mélange des composants secs). L’adjuvant ainsi que les fibres métalliques sont  livrés en parallèle. Ce pré-mélange permet d’utiliser sur le lieu de coulage, un produit de qualité optimum. Le bétonnage s’effectue en continu, et sans vibrations. Enfin, cette réalisation montre que ce béton de nouvelle génération se coule aussi en place.

Les intervenants :

Entreprise : Eiffage Tarn-Rouergue
Architecte : cabinet Dubois et Associés (M. Mazaud)
Maître d’Ouvrage : Syndicat mixte d’aménagement du Musée Toulouse-Lautrec composé du Conseil général du Tarn et de la ville d’Albi. La SEM 81 est le Maître d’ouvrage délégué de l’opération
Maître d’œuvre : cabinet DUBOIS et Associés à Paris


BEFUP  : « des qualités réellement enthousiasmantes ! »

Entretien avec Mathieu Chazelle, associé, enia architectes

BTP Matériaux : Pourriez-vous nous décrire les caractéristiques des Bétons Fibrés à Ultra Hautes Performances (Befup) en France aujourd’hui ?
Mathieu Chazelle : Les BEFUP présentent trois propriétés fondamentales : résistance mécanique élevée (à la compression et à la flexion), bonne fluidité et grande compacité. Ces caractéristiques permettent d’obtenir des éléments particulièrement fins, résistant bien aux agressions extérieures et aux salissures, et susceptibles d’accepter des géométries complexes : grâce à l’absence d’armatures et à sa fluidité, le matériau peut épouser des formes de coffrage relativement sophistiquées. Les designers se sont même emparés de ces qualités, pour concevoir du mobilier ou des objets de décoration.

BTP Matériaux : Quelles sont les tendances de l’utilisation de ce matériau dans la construction moderne ?
M. Chazelle : Le coulage en place des BEFUP reste encore, à ma connaissance, réellement marginal : le matériau doit être coulé dans des conditions de température et d’hygrométrie spécifiques, difficiles à contrôler hors de l’atelier. C’est sans doute là, à l’avenir, l’une des évolutions majeures à attendre de ces « nouveaux » bétons.
En revanche, la mise en œuvre des BEFUP en éléments préfabriqués est aujourd’hui parfaitement maîtrisée : ils conviennent notamment aux éléments relativement répétitifs, voire standardisés, dont on attend une qualité de finition irréprochable.
Le matériau devient réellement intéressant, dès lors qu’on parvient à tirer profit, simultanément, de plusieurs de ses qualités : alors son coût – encore aujourd’hui relativement élevé – se justifie pleinement.
C’est la position que nous avons tenue en concevant le brise-soleil de la piscine municipale de Clichy-La-Garenne : outre la finesse et la qualité de finition du matériau, nous avons exploité ses propriétés mécaniques en lui donnant un rôle structurel, puisqu’il participe au contreventement de la façade vitrée.

 BTP Matériaux : Face aux autres matériaux de construction, quelle est votre démarche dans le choix de ce matériau ?
M. Chazelle : Lors des études de conception de la piscine de Clichy-La-Garenne justement, nous sommes parvenus au choix du BEFUP après avoir envisagé d’autres solutions.
La problématique était la suivante : deux des enjeux majeurs de cette réhabilitation étaient la réfection de la grande façade de la piscine, qui menaçait de tomber en ruine, et l’amélioration du confort dans le hall bassins. Le Maître d’ouvrage ayant décidé, pour des raisons budgétaires, de reporter dans le temps la réfection complète du système de traitement d’air, il fallait faire d’une pierre deux coups : concevoir une nouvelle façade qui à elle seule améliore sensiblement l’ambiance thermique et lumineuse du hall bassins.
Le choix s’est rapidement porté sur un large brise-soleil extérieur qui, pour être réellement efficace, compte tenu de l’orientation sud/sud-est de la façade, devait comporter des horizontales et des verticales. Les simulations de masque conduisaient précisément à une maille rectangulaire de brise-soleil de 1m de haut sur 2.50m de large et 45cm de profondeur. La question du matériau constitutif de cette résille macroscopique s’est alors posée. L’aluminium nécessitait des filières spécifiques, et présentait, comme la solution en tôle d’acier pliée, le risque d’assemblages trop visibles et d’une pérennité d’aspect incertaine. 
Nous souhaitions au contraire, dans ce bâtiment rationnel et précisément composé, une résille abstraite, rigoureuse et parfaitement homogène. D’où le choix du BEFUP, qui a permis une très grande finesse (les lames font 4cm d’épaisseur environ), une teinte blanche satinée uniforme, et une absence complète d’assemblage entre verticales et horizontales.
En outre, cette solution s’est révélée avantageuse en termes de planning : la pose des modules préfabriqués a été réalisée en une semaine, les modes de fixation étant particulièrement simples.

BTP Matériaux : Selon vous, y a-t-il des précautions à prendre dans l’emploi des BEFUP ?
M. Chazelle : Il s’agit de matériaux relativement récents, qui doivent trouver un mode d’expression constructive qui leur soit propre, comme, en leur temps, l’acier et le béton armé conduisirent à des écritures architecturales spécifiques.
Du fait de cette nouveauté, il me paraît indispensable de s’approcher, très tôt dans les études, des préfabricants, afin de définir ce qui est envisageable ou non, et à quel coût. Car le matériau possède également certaines caractéristiques qu’il est impératif de prendre en compte : je pense au coefficient de dilatation important notamment, mais également au retrait, ou aux rayons de courbure minimaux que l’on doit imposer aux moules pour éviter les fissurations. 
Intégrer, très en amont dans la conception, les spécificités de ces bétons si particuliers me semblent être ainsi la seule manière de tirer le meilleur parti de leurs qualités, aux yeux d’un architecte, réellement enthousiasmantes.
 
Le brise-soleil de la piscine municipale de Clichy-La-Garenne

Conçue en 1968 par M. Dondel, architecte, la piscine de Clichy-La-Garenne est l’un des équipements sportifs majeurs de la commune. Ce bâtiment rationnel se distingue dans son contexte urbain par des lignes simples et claires révélant une composition de grande qualité. Néanmoins, comme de nombreux équipements de cette époque, il nécessitait d’importants travaux de rénovation, qui ont concerné la réfection complète des deux façades principales et des toitures, la réhabilitation des espaces intérieurs accessibles au public, et la mise aux normes d’accessibilité, de sécurité et du traitement de l’eau des bassins.
La piscine est restée ouverte pendant presque toute la durée du chantier : cette contrainte a nécessité la couverture des bassins par un grand platelage permettant les interventions sur la toiture et la façade principale, tout en maintenant la piscine en fonctionnement.
La réfection de la façade principale entièrement vitrée, intègre la mise en place de brises soleil extérieurs afin de réguler l'impact solaire, donc l'ambiance thermique de la piscine. Une résille de lames horizontales et verticales en béton fibré à ultra haute performance (BEFUP), formée de modules rectangulaires interrompt les rayons lumineux lorsque les apports solaires deviennent trop importants.
Les dimensions des modules de la résille (L. 2,50 x H. 1 m), ainsi que leur profondeur (0.45m) ont été définies en fonction de l’orientation sud-est de la façade. Des simulations précises ont permis d’estimer le masque effectif assuré par la résille.
Celle-ci améliore ainsi sensiblement le confort du hall bassins, et réduit considérablement les consommations d’énergie liées au maintien de l’ambiance thermique intérieure.
Par ailleurs, le brise-soleil, grâce à ses performances mécaniques, reprend les efforts de vent sur la façade : des bracons métalliques relient les lames en BEFUP de la résille aux menuiseries de la grande façade rideau située en retrait. Les profils de ces menuiseries en sont ainsi sensiblement affinés.
Les constituants très fins du BEFUP permettent au matériau une mise en oeuvre auto-plaçante, et rendent possible une réalisation minérale de très faible épaisseur (épaisseur des lames de 4cm, pour une portée de 2.50m).
Les faces supérieures de certaines lames horizontales sont revêtues d'une résine de couleur rouge, qui se reflète sur le module supérieur. Les teintes ne sont jamais perçues de manière directe, mais le sont par leur seul reflet qui varie selon la luminosité. La disposition asymétrique de ces reflets, dont le ton est très proche de celui de la brique existante, nuance la régularité du brise-soleil.
Le bâtiment possède une grande rigueur structurelle. La composition des nouvelles façades souligne cette rationalité, tout en leur redonnant une écriture contemporaine.

Fiche technique de l’opération :
Maîtrise d'ouvrage : Ville de Clichy la Garenne
Maîtrise d'oeuvre :
Architecture : Enia Architectes (Mathieu Chazelle / Simon Pallubicki / Brice Piechaczyk, architectes ; J.Bérujeau, chef de projet)
Ingénierie : IOSIS
Superficie : 3 400 m²
Montant des travaux : 2.3 M EUR HT
Livraison : février 2007
Entreprises : Baudin Chateauneuf (installation de chantier, couverture, étanchéité) ; Burth Ferrier Gosse (Gros œuvre, démolition) ; Betsinor (brise-soleil) ; STIM Technibat (façade vitrée) ; ATSO Bâtiment (second œuvre) ; SEEI (CFO/CFA –SSI) ; ISS Energie (traitement eau, plomberie).


Poser une chape ciment comme un jeu d’enfant

Un chantier de 1400 m² a été réalisé au « Carré de l’habitat » à Ensisheim (68) sur un plancher chauffant hydraulique par la Société Alsa Chapes de Wittenheim (68) avec l’adjuvant Contopp Microfibre Duremit de la Société Knopp. 
Maîtres d’œuvre, architectes et chapistes connaissent la problématique : mise en œuvre difficile, faibles résistances et temps de séchage trop longs d’où l’impossibilité d’une planification fiable et donc de la clôture du chantier dans les temps.  Avec sa gamme Contopp®, la société Knopp a conçu une série complète de produits faisant de la pose de chapes ciment un véritable jeu d’enfants.
Ce produit complet (fluidifiant, plastifiant…) pour chape traditionnelle à base ciment est un substitut aux treillis anti-fissuration. Une grande simplification de mise en œuvre des armatures puisque le produit s’ajoute simplement au mortier de chape. Une armature chimique est supérieure au treillis métallique et réduit considérablement tous les risques de retraits et de fissurations.
 « La chape est plus facile à tirer et à talocher et ce produit apporte une nette amélioration de la rentabilité du chantier », souligne François Rovere de la société Alsa Chapes.
En effet, ce produit permet l’augmentation de la résistance grâce à une amélioration synthétique de la technique des polymères la plus récente. Il offre également une réduction du risque de fissures grâce une armature en fibres et une amélioration de la maniabilité grâce à la plastification.
Ses domaines d’applications sont variées : remplacement des armatures en treillis dans les chapes ; réalisation de chapes adhérentes et de chapes flottantes de qualité supérieure
avec des agrégats d’une granulométrie maximale de 8 mm ; confection de chapes prévues pour un chauffage par le sol.
 En avril dernier, le département de recherche et de développement Knopp a voulu mettre une nouvelle fois en évidence les propriétés de Contopp® Fibres Composite Duremit via des tests visant essentiellement au contrôle des résistances sur différents types de ciment et selon différentes proportions de mélange. En outre, la résistance à la traction des surfaces et le comportement au retrait ont fait l’objet d’une comparaison systématique avec des échantillons de chape neutres. « Les résultats sont éloquents : Contopp® Fibres Composite Duremit améliore la qualité de chape dans tous les cas de figure et ouvre de nouvelles dimensions ! », annonce Bernard Levrel, Responsable Marketing , Knopp France. « A ce sujet nous avons préparé avec un CEM 132,5 et un CEM II/ A LL 32,5 R des prismes pour des résistances à la flexion et compression sous différentes proportions de mélange (contenu de ciment 350, 300 et 250 kg/m³) avec Contopp® Fibre Composite Duremit et nous les avons mis
face aux épreuves de la chape respectives d’un mélange à zéro. En outre une mesure de
retrait a été effectuée (Scheiblinger-canal de retrait) sous 350 kg/m³ du CEM II / A – LL 32 R avec notre produit en comparaison à un mélange de la chape à zéro. Finalement nous avons réalisé une surface de visibilité de Contopp® Fibre Composite Duremit et de la chape avec un mélange à zéro (tous les deux sous 350 kg/m³ de CEM II / A – LL 32,5 R) pour la réalisation des mesures de la force d’adhérence après 28 jours. Conclusion : le chapier est en mesure de faire son travail deux fois mieux ! ».


Une nouvelle fibre pour les bétons

Avec la participation des Industriels Européens du composite associés dans l’entreprise ECRC (European Composite Recycling Company), l’équipementier Automobile Inoplast, filiale du groupe Plastic omnium produit la fibre RECY-FIB® à partir d’un procédé de recyclage des matériaux composites. L’amélioration de certaines caractéristiques des bétons a été vérifiée par le CERIB (Centre d’Etudes et de Recherches de l’Industrie du Béton).
Le produit RECY-FIB® ajouté aux bétons lui confère des propriétés  d’anti-fissuration et d’anti-retrait. Enrobée d’une pellicule de résine, cette fibre garantit une bonne résistance aux agressions chimiques et assure ainsi le bon vieillissement du béton. Les analyses de laboratoires montrent que la dispersion de longueurs de fibres de RECY-FIB®, naturellement issue du procédé de fabrication, permet d’obtenir des bétons avec des propriétés d’étalement et des propriétés mécaniques améliorées par rapport aux fibres synthétiques actuellement sur le marché.
A ce jour, plus de 300 000 m3 de béton ont été coulés avec RECY-FIB® chez de nombreux clients démontrant ainsi la crédibilité et l’intérêt économique de cette fibre pour des applications de dallage et de béton moulé. Une expérience grande échelle a également été menée avec succès sur  un enrobage de béton bitumineux.


Structure radieuse à la Cité de l’architecture et du patrimoine
30 tonnes gagnées

L’aile nord-est du Palais de Chaillot abrite la Cité de l’architecture et du patrimoine. Musée de l’architecture et de l’urbanisme, cette Cité regorge de maquettes et de reproductions de parties de monuments historiques français. Et depuis quelques semaines, une singularité mérite d’être mentionnée.
Vous connaissez tous la Cité radieuse de Le Corbusier, édifiée à Marseille. Hé bé, bonne mère, figurez-vous qu’un appartement est reproduit à l’échelle 1 dans l’un des espaces de la Cité. Le vrai bâtiment repose sur une structure de poteaux et de poutres en béton. Des poutrelles intermédiaires en acier permettent de supporter des boîtes en ossature bois qui sont les appartements. Une coupure acoustique est ainsi créée entre les « unités d’habitation ».
En reproduisant une « unité d’habitation », il convenait de ne pas surcharger le bâtiment de la Cité. En conséquence, les poteaux en béton sont remplacés par une structure en acier habillée par des coques en béton : 30 tonnes gagnées. Ainsi la reproduction est parfaite. Les coques sont fabriquées à partir d’un béton autoplaçant et fibré sur une épaisseur de 4 cm, une variante d’Effix de Ciments Calcia. L’absence d’armature métallique permet d’alléger sensiblement le poids des éléments fabriqués.
À noter, entre autres agréments architecturaux, que les appartements sont traversants de façade à façade. L’entrée et les pièces de jour se situent sur une façade, occupant la moitié du niveau. Les chambres se situent à un autre niveau, supérieur ou inférieur, entièrement occupé par l’appartement, les pièces de service étant superposées à la “ rue intérieure ”, bien plus large que les couloirs…

 Retrouvez-nous sur...

CONTACTS     -     MENTIONS LÉGALES     -     RÉFÉRENCES