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Façades

Façades

Magazine BTP Matériaux I Novembre 2008 N° 16

"Une usine sous vert", "La future cité de la mode s’habille de métal", "La BEI, en toute transparence", "Une solution innovante mise en pratique".

Une usine sous vert

À portée de vue du boulevard périphérique de Paris et face à l’immeuble TF1, s’achève la construction d’une usine habillée de bois et de végétaux. C’est « tout simplement » le lieu où l’on incinère et ou l’on trie les déchets de 1 200 000 habitants. L’habillage vert traduit de gros efforts afin de s’intégrer au mieux au site urbain. La verticalité des poteaux et des chênes fastigés, équilibre l’horizontalité massive de l’édifice.

« Isséane occupe une longueur de 260 mètres le long du quai de la Seine dont plus des deux tiers forment une façade ordonnée par une série de poteaux qui reprend les bureaux, séparés de l’usine par une paroi coupe-feu » affirme Marc Landowski, architecte principal de ce projet. Afin de remplacer le centre d’incinération présent plus en aval à l’autre extrémité de la ville, le concours d’architecture de 1999 demandait de diminuer l’impact visuel et environnemental du centre de traitement des déchets, en enterrant le bâtiment et en végétalisant les façades. La toiture terrasse non accessible sera également végétalisée afin d’offrir un paysage agréable aux occupants des immeubles voisins.
Marc Landowski précise que « la structure en acier enjambe la circulation des camions en sous-sol et repose également sur le voile coupe-feu en béton » grâce à 14 poteaux hauts de 21,40 m et posés selon un entraxe de 13,97 mètres. Les pieds des poteaux font appel à des cuvettes alors que des structures triangulées les tiennent en tête. Au niveau de référence de 13 mètres, treize poutres principales articulées par rapport aux poteaux supportent, pour chacune des 13 travées, trois bacs pour des chênes fastigés, l’un des éléments principaux de la façade sur quai. Ces chênes sont préparés par le pépiniériste afin de développer une forme de fuseau. Des poutres secondaires, longues de 14,40 mètres, raccordent ces poutres principales au voile en béton de la paroi coupe-feu séparant l’usine située juste derrière. Elles supportent les étages inférieurs et retiennent les étages inférieurs des bureaux.

14 poteaux et 39 chênes fastigés

Les poteaux et les poutres principales et secondaires sont fabriqués selon la technique du PRS, profil reconstitué soudé. Les poteaux sont formés de tubes de différentes sections sur lesquels sont soudées quatre ailettes. M. Térouatin d’Eiffel précise que « cette composition offre une inertie variable selon la hauteur du poteau ». Cette forme facilite la mise en place des habillages en bois en quatre quarts de fut. Des planches étant collées et vissées sur des coques en polyester par un industriel fabriquant des coques de bateau.
Les pièces métalliques sont livrées par Eiffel grenaillées puis recouvertes d’une peinture rouge antirouille. Elles reçoivent ensuite une deuxième peinture blanche intumescente. Enfin, les parties visibles reçoivent une peinture finale décorative de couleur aluminium ou argentée.
L’habillage bois et végétaux de la façade se décline par l’habillage bois des parois des bureaux et de nombreux bacs supportant des végétaux placés sur la coursive desservant les bureaux à mi-hauteur.

Un projet très vert

Isséane développe deux activités : une unité de tri sélectif d’une capacité annuelle de 55 000 tonnes située en sous-sol dans la partie nord du site ; une usine d’incinération d’une capacité annuelle de 460 000 tonnes. Celle-ci produira de l’électricité (puissance de l’alternateur : 50 MW) et de la vapeur vendue à la Compagnie parisienne de chauffage urbain, utile au chauffage d’environ 82 000 logements, avec une capacité de 200 t/h à 50 bars et 400 °C.
Les gaz de combustion subiront un traitement très poussé avant d’être rejetés dans l’atmosphère par deux tourelles d’extraction dépassant le toit de l’édifice de seulement 3 m. Le traitement comprend un dépoussiérage, une filtration sèche et une réduction catalytique des oxydes d’azote, ce afin d’atteindre 30 à 80 % des valeurs de la directive européenne actuelle. Aucun panache ne sera visible.
Par ailleurs, 105 000 tonnes de mâchefers seront évacuées directement dans des barges placées à quai sur la Seine, grâce à un tunnel creusé sous le quai. L’acier et l’aluminium seront récupérés et envoyés vers les filières de recyclage, sans doute par la voie ferrée. Le trafic quotidien des camions sera réduit d’un quart, une centaine de véhicules.
L’alimentation en eau du centre sera assurée par le réseau urbain pour les usages domestiques et par la Seine pour les usages industriels. Les eaux industrielles passeront par une station de traitement avant de rejoindre le réseau d’égout. L’eau de refroidissement sera rejetée à une température maximale de 28 °C.
L’implantation en tissu urbain impose une protection phonique optimisée. Outre la profondeur du bâtiment, son enceinte sera construite avec des matériaux absorbants et isolants. Couvertes, les rampes de circulation des véhicules bénéficieront d’un traitement acoustique.

Identité du projet

Usine d’incinération des déchets urbains et de tri sélectif des déchets desservant 1,2 million de personnes habitant 3 arrondissements de Paris et 22 communes proches
Maîtrise d’ouvrage : Syctom, Paris
Architecte : Dubosc et Landowski, Issy-les-Moulineaux (92)
Fabrication des structures en acier : Eiffel, Maizières-les-Metz (57)
Bâtiment enterré de 31 mètres pour la partie usine, recourant à des parois moulées profondes jusque 51 m et soutenues par une jupe injectée d’une profondeur de 71 m pour une épaisseur de 8 mètres.
1 150 tonnes de structures métalliques en façade
506 millions d’euro : coût total des travaux (valeur février 2003)


La future cité de la mode s’habille de métal

Construits en 1907, les bâtiments des Magasins généraux, situés sur la rive gauche, entre le pont d'Austerlitz et le pont de Bercy, font l'objet d'une rénovation. Ils seront recouverts d'une structure légère en bois, d’éléments vitrés et surtout, d’une grande partie métallique. La reconversion concerne environ 12 000 m².
Ce nouvel ensemble, ou est intervenu l’entreprise Eiffel, sera destiné à la valorisation de la création nationale et internationale de la mode et du design. Il abritera également un centre universitaire (Institut Français de la Mode), commercial et événementiel.

Lorsqu’en 1907 ces bâtiments ont été conçus par l’architecte Georges Morin-Goustiaux pour abriter les magasins généraux, leur construction en béton armé, autour d’une ossature et d’une structure modulaire, était novatrice. Ils sont alors les premiers bâtiments industriels réalisés en béton armé en France. Ils représentent un témoignage unique de l’activité portuaire du port d’Austerlitz au début du XXe siècle et soulignent par leur proximité au fleuve, l’importance de la relation entre Paris et la Seine. Aujourd’hui, c’est un monument classé : « Vu l’âge du bâtiment, toute la structure a été conservée, il n’y a pas eu beaucoup de ragréage », explique M. Tremblays de chez Eiffel.

En effet, les travaux qui ont commencé en mars 2007 et « qui s’achèveront pour les façades  fin avril, consistaientt donc à ne conserver que les poteaux et les planchers de ce bâtiment », ajoute Hubert Jaumouillé, directeur de projet chez Eiffel.
Ainsi, l'ossature d'origine en béton sera recouverte d'une nouvelle enveloppe facettée, appelée "Plug Over" car elle vient s'accrocher sur l'existant, « cette charpente métallique est accrochée en excroissance sur le bâtiment existant, un escalier a été conçu dans ce Plug Over et donc au-dessus de la seine », précise M. Tremblays.
Cette enveloppe se compose d'une structure tubulaire en acier de 90 tonnes et de 644 panneaux en verre sérigraphié. « C’est un énorme mécano » qui a été fabriqué à Mézières et qui représente 28 000 pièces, sans compter la visserie.
1 800 m2 de vitrages sérigraphiés avec des motifs sur le « Plug Over », soit un total de 3 800 m2 de vitrages qui seront ainsi posés sur tout le bâtiment.
Sur la terrasse en bois, 170 tonnes de charpente métallique ont été également mises en œuvre, pour être ensuite végétalisée.
La particularité de ce chantier, explique M. Tremblays, a été le travail sur barge pour l’installation du « Plug Over ». « On a fait venir deux grandes barges avec des nacelles. Nous avions en permanence quatre nacelles sur les barges », commente M. Tremblays. Trois grues à tour ont également été nécessaires pour le levage des éléments qui composent cette charpente métallique.

Le chantier en chiffres…

Maîtrise d'ouvrage / Promoteur : SNC Icade G3A
Assistance maîtrise d'ouvrage : Tecton
Maîtrise d’œuvre : Dominique Jakob et Brendan MacFarlane, architectes associés depuis 1994
Maîtrise d’œuvre, mandataire BET : Arcoba
Bureau de contrôle : Socotec
Surface : 12 000 m2 HON, répartis sur trois niveaux
Entreprise : Groupement Eiffage Construction Paris Patrimoine (mandataire) et Eiffel
Calendrier : décembre 2006, printemps 2008 (ouverture)


La BEI, en toute transparence

Dix-neuf ans après sa 1ère extension, le siège de la Banque européenne d'Investissement (BEI) au Luxembourg s’agrandit une nouvelle fois avec la création d’un nouveau bâtiment de bureaux revêtu de verre, de bois et de métal. Ce nouvel immeuble est érigé sur le site actuel de la BEI, situé sur le plateau de Kirchberg, sur le boulevard Konrad Adenauer.
L’occasion également de fêter ses 50 ans d’existence et d’ouvrir ses portes pour le mois de juin 2008.

C’est en 2002, que la BEI a lancé un concours d’architecture à l’échelle internationale pour l’édification de ce nouveau bâtiment, et le jury, présidé par Ricardo Bofill, a porté son choix sur le bureau d’architectes Ingenhoven Overdiek et associés. Cet ouvrage fut réalisé en groupement par Vinci Construction Grands projets et CFE, filiale belge de Vinci Construction.
« On peut résumer en deux maîtres mots la philosophie du concept pour ce nouveau bâtiment : écologie et transparence », précise l’architecte allemand Ingenhoven. Ecologie, en raison de l’interaction naturelle qui existera entre la structure du bâtiment et son environnement, y compris les éléments naturels (vent, soleil, végétation et terre). Transparence, parce que le nouveau bâtiment proposera une superstructure unique conjuguant l’acier et le verre, qui offrira à ses occupants un maximum de lumière du jour et de luminosité.
Conçu et équipé pour s’adapter à des méthodes de travail et à des exigences de communication de nouvelle génération, ce bâtiment (de 11 étages) qui comprend six étages de bureaux et trois niveaux de parking en sous-sol, représentant une surface totale de 74 000 m2, fera appel aux technologies les plus modernes pour relever les défis de l’avenir et répondre aux besoins de la population active de demain.

6 000 vitres de toit

La conception de l’ossature, sur laquelle reposent des panneaux triangulaires vitrés, donne l’impression que le bâtiment est presque entièrement transparent. La structure répond aux critères les plus exigeants en matière d’efficacité et de réduction de la consommation énergétique, et de sécurité.
La surface vitrée profilée forme une « peau intelligente », qui s’ouvre pour assurer une ventilation naturelle et un contrôle climatique dans les jardins d’hiver intérieurs, les espaces ouverts et les bureaux. La structure du bâtiment s’appuie sur des fondations en béton armé sur lesquelles repose le sous-sol.
La structure de couverture en verre composée de 6 000 vitres, au-dessus du bâtiment formera une surface et un toit sans arêtes du bord de la façade avant jusqu’en bas de la façade nord).
La couverture en verre est faite de panneaux triangulaires et repose sur une poutre horizontale et deux poutres diagonales. Ces panneaux triangulaires constituent la principale charpente de la structure du bâtiment. Une structure secondaire en aluminium, également de forme triangulaire et équipée de portées plus petites, soutient les plaques de verre plat.
La façade sud-est du bâtiment, qui comprend environ 400 vitres, c’est-à-dire celle qui donne sur le boulevard Konrad Adenauer, est montée sur des câbles verticaux précontraints fixés à une longue poutre située au sommet. Les plaques de verre sont fixées sur les câbles de sorte que l’on peut éviter la pose d’éléments d’encadrement secondaires et ainsi garantir un degré maximum de transparence et de pénétration de la lumière.
Ainsi, et compte tenu de son architecture très exigeante et du niveau de qualité exemplaire souhaité par le Maître d’ouvrage, les équipes de Vinci Construction ont dû réaliser ce bâtiment « sur mesure ».
« Ici sur ce chantier, ce qui est compliqué c’est que tout est en double façade et en double plancher avec des façades à câbles », explique Gérard Bouvard, directeur de la construction pour Vinci Construction Grands Projets. En effet, « sur ce chantier tous les faux plafonds sont hors standards et des centaines de pièces ont été spécialement conçues sur mesure pour ces derniers. Aucun produit n’est en standard », continue Gérard Bouvard. Pour lui, ce chantier est un réel et gigantesque mécano : « On ne rencontre pas fréquemment le niveau de finition exigé ici, mais il a pourtant fallu s’y atteler alors que le bâtiment n’était encore ni hors d’eau, ni hors d’air. Il n’y avait pas encore les doubles façades, donc pas de structure de la façade.
Il a également fallu faire un mur-rideau temporaire, que l’on a enlevé au fur et à mesure de la mise en place des offices façades (à l’intérieur). Indépendamment de ces travaux, il fallait également poser la toiture à l’aide d’échafaudages, qui servaient aussi de point d’appui au départ pour régler la toiture ».
À noter que conformément à la tradition allemande, le parti architectural ne prévoit pas de joints de dilatation. Pour garantir ainsi la stabilité de cet ouvrage d’une longueur de 170 mètres, « il a fallu augmenter considérablement les quantités d’acier. Trois fois plus que sur un bâtiment classique, c’est-à-dire 9 000 tonnes pour un ratio moyen 240 kg/m3 », indique Gérard Bouvard.

Pour toutes les saisons…

Cet édifice de conception architecturale audacieuse, avec sa verrière cylindrique et ses « doigts » en éventail, abriteront donc des halls chauds et d’autres froids. En hiver, les trois halls chauds, dits atriums, seront chauffés à une température de 18°C environ, alors que les trois halls froids, appelés aussi jardins d’hiver, dépourvus de chauffage, serviront de tampon thermique.
En été, ces espaces seront ventilés à l’aide de panneaux ouvrants, situés dans la toiture qui généreront des renouvellements d’air d’ampleur variable, en fonction de la direction du vent et de l’importance de l’ouverture.
Tandis que les espaces ouverts sont ventilés de part en part en été et pendant certaines périodes du printemps et de l’automne, permettant une dissipation de l’énergie d’origine solaire, cette même énergie thermique sera utilisée en hiver et pendant les périodes plus fraîches du printemps et de l’automne pour réchauffer les zones concernées grâce à la fermeture des panneaux de ventilation.

Des matériaux naturels

L’ensemble du bâtiment devra être aussi convivial et lumineux que possible, le recours à des matériaux de construction naturels respectueux de l’environnement est donc essentiel. Tous les matériaux qui serviront à la construction ont été choisis en raison de leur viabilité écologique.
Les fenêtres des façades internes seront par exemple pourvues d’un châssis en bois. Les façades, les zones publiques et semi-publiques seront également équipées de cadres en bois, ce qui leur donnera un aspect chaleureux et naturel. Les bois utilisés sont labellisés FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes), c’est-à-dire issus de forets gérées de manière durable.
Le sol des bureaux sera recouvert de moquette (14 000 m²), et toutes les autres surfaces seront conçues de manière à optimiser la lumière du jour et la luminosité. Au total, ce sont 17 000 m2 de parquet en chêne qui seront posés.
Au-delà des procédures standards (bacs de décantation pour le nettoyage des bennes béton, de rétention pour les stockages de produits chimiques, valorisation des déchets…), une attention particulière a été apportée à la comptabilisation des mouvements de camions, aux nuisances sonores ou à l’intégration du chantier dans son environnement.


La BEI, dates et chiffres…

Juillet 2001 : lancement du concours
Fin 2002 : choix du projet architectural
Août 2004 : appel d’offres pour la construction
Mars 2005 : signature du contrat avec CFE-Vinci Construction Grands Projets et début du gros œuvre
Fin mars 2008 : livraison technique du bâtiment
Juin 2008 : inauguration
11 niveaux dont 9 hors sol
74 000m2 dont 42 000m2 hors sol
170 m de longueur, 50 m de largeur et 37 m de hauteur
32 000 m2 de surface vitrée, dont 15 000 m2 de verrières
720 personnes sur le chantier en phase de pleine production
Plus de 130 entreprises sous-traitantes, 70 corps d’état différents
Montant initial du contrat pour (la JV CFE-Vinci) Vinci : 136 millions d’euros


Maître d’ouvrage : Banque Européenne d’investissement (BEI)
Maître d’œuvre : Bureau d’architectes Ingenhoven Overdiek et associés
Groupement d’entreprises : Groupement formé à 50/50 par : Vinci Construction Grands Projets et CFE, filiale belge de Vinci
Sous –traitants :
Façade et couverture : SEELE/SCHINDLER (Allemagne)
Electrique et mécanique : WAGNER/IMTECH (Luxembourg/Allemagne)
Jacques Margotin : directeur de projet pour Vinci grands projets
Gérard Bouvard : directeur de la construction pour Vinci construction grands projets
Franck Blanquart : directeur technique pour Vinci construction grands projets
 Une soixantaine de collaborateurs de Vinci et de CFE ont collaboré à la réalisation du projet.


Une solution innovante mise en pratique

Le chantier d’une crèche-jardin d’enfants dans le quartier parisien de Belleville, a permis de mettre en œuvre la technologie du Ductal®. Cette solution choisie pour l’habillage de la façade a nécessité la mise en place d’un nouveau savoir-faire.

Petit rappel préalable concernant le matériau : dans la famille des bétons « ultra-hautes performances », le Ductal®  mis au point par Lafarge et Bouygues offre des qualités de résistance en compression et en flexion jusqu’à, respectivement, 200 MPa et 40 MPa. Le matériau aligne également ses qualités face aux intempéries ou à la pollution et autres agressions chimiques. En outre, il est le fruit d’une « conception innovante qui combine de façon optimale, la matrice cimentaire à des fibres métalliques ou organiques, pour donner naissance à une famille de bétons dont le comportement se rapproche des matériaux élasto-plastiques ».
Une fois posés les avantages de ce béton breveté, comment en sont exploités les atouts dans un chantier tel que celui de la crèche-jardin d’enfants de la rue de Belleville ?
La première phase du travail est décisive : c’est la préfabrication. L’entreprise Jousselin (49) a été choisie pour sa maîtrise du matériau et sa capacité à apporter son expertise lors du chantier lui-même. C’est vers elle qu’ont convergé toutes les questions techniques depuis le traitement du matériau jusqu’aux conditions de sa mise en place finale : « la problématique technique était d’habiller les façades afin d’obtenir un granité permettant un reflet, le tout soutenu par une couleur blanche assez vive et des géométries variées pour près de 90 pièces sur un total de 765 m2 de couverture » explique Yves Fournier, responsable des activités préfabrication chez Jousselin.

Un dialogue approfondi avec Bruno Rollet, architecte, a permis de confronter les choix de celui-ci et la faisabilité en termes de découpage et de fixation pour cette façade légère avec ses éléments de parement de 35 mm. À partir de là, vigilance et savoir-faire étaient requis : « Dans la préfabrication, l’étape préparatoire du coulage appelait l’implication d’opérateurs très soigneux pour ce matériau exigeant qui ne tolère pas les tâches et autres défauts. Les gestes techniques bien maîtrisés s’imposaient : la main de l’opérateur est essentielle » précise Yves Fournier dont l’entreprise a, dans la foulée, joué un rôle de conseil sur le chantier lors du démarrage des opérations.

Cette démarche technique épouse l’esprit du projet ainsi défini par Bruno Rollet, architecte et maître d’œuvre : « j’ai voulu, dans ce quartier de la Porte des Lilas, avec son tissu urbain constitué de bâtiments du XIXè siècle, des années 20 et des années 70, réaliser quelque chose qui s’intègre à cet ensemble hétérogène sur deux rues, dont une étroite, et sur un terrain qui n’était pas plat ». La clarté du matériau et son aspect esthétique ont facilité cette intégration, estime l’architecte.

AVIS D’EXPERT

Jean-Dominique Bouchet, Cabinet d’études AEI (Paris)
« L’objectif consistait à rendre un aspect minéral à cette façade qui, en outre, ne devait pas nécessiter d’entretien particulier. L’idée a donc été de réaliser une sorte de mur-manteau agréable à regarder et légèrement scintillant. Pourquoi le terme de « manteau » ? Parce que nous souhaitions que cet ensemble bénéficie d’une isolation par l’extérieur ce qui a un réel effet en termes de déperdition thermique.
Compte tenu de ces objectifs techniques, il s’est avéré que les moyens traditionnels d’habillage ne pouvaient convenir. C’est alors qu’est intervenu le choix du Ductal®.
Ses propriétés mécaniques et son épaisseur limitée s’ajoutent à sa légèreté, un panneau de 3,50 x 2,50 m en béton fera 1,4 tonne alors qu’ici, le même ne pèsera que 350 kg.
La pose en elle-même est simplifiée mais nécessite, dans l’idéal, des poseurs formés, aptes à manier de telles surfaces et à placer de deux à six attaches, selon les panneaux et leur positionnement sur la façade… Cette phase intervenant après la mise en place de la laine de verre de 200 ml et également d’un pare-pluie. Un pare-pluie protégeant l’isolation de l’humidité et résistant aux ultraviolets est nécessaire ici car il y a des joints ouverts. Le matériau a une tendance à la dilatation dont il faut tenir compte. On a donc choisi un pare-pluie Delta Façade de 200 g/m2 (…)
Enfin - et en plus des aspects techniques - il ne fallait pas omettre la réglementation. Or, le Ductal® étant un produit nouveau il n’existait pas texte dans lequel il était désigné. Nous l’avons donc rattaché au DTU 22-1 « murs extérieurs en panneaux préfabriqués de grande dimension en béton » et au DTU 55-2 « revêtements muraux attachés en pierre mince » de manière à être en conformité ».



Delphine Désveaux, Aude Moutarlier, Pascal Graindorge


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