DLR : « Ca ne sert à rien de se faire peur comme ça ne sert à rien de se mentir »
Le DLR organisait sa 11e journée de la distribution, le 19 octobre dernier, au salon de l’Aveyron, à Paris. Dans un contexte économique dominé par les incertitudes, l’intervention de l’économiste et directeur du cabinet Asterès, Nicolas Bouzou, a permis aux professionnels de s’appuyer sur l’analyse solide d’une situation qui ne doit pas être dramatisée.
« Ca ne sert à rien de se faire peur comme ça ne sert à rien de se mentir, résumait l’économiste avant de déclarer qu’il était plus sage d’anticiper un ralentissement en 2012, mais pas une récession ». En réalisant une projection sur la base des chiffres de l’INSEE, le BTP devrait se diriger vers une trajectoire de croissance molle, pendant 4 à 5 ans. À court terme, une attitude raisonnée de la part des entrepreneurs consiste simplement à se montrer prudent, mais également, à anticiper un scénario plus difficile, même si le risque qu’il se produise est faible à en croire l’analyste. Luc Solderman, président de la distribution au DLR partage cette lecture des choses. Inutile de céder aux discours des Cassandres qui promettent la récession. « Pour 2012, il vaut mieux rester prudent en termes d’investissements et de personnel », poursuit Nicolas Bouzou.
En l’état, la seule question qui vaille reste celle du crédit accordé par les banques aux entreprises du secteur. A la suite de l'accélération du crédit au BTP après la crise de 2008 d’environ 10 % par an, on peut maintenant s’attendre à une décélération. Bien qu’il n’y ait « pas de risque de faillite des banques, selon Nicolas Bouzou qui rappelle que les capitaux pour les renflouer existent, soit par des investisseurs étrangers, soit par le contribuable », celles-ci risquent de rencontrer des problèmes de fonds propres avec le fait qu’elles vont devoir faire une croix sur une partie du remboursement de la dette grecque. Sauf recapitalisation véritablement efficace des banques, ces dernières ne prêteront donc qu’aux entreprises les plus solides, remettant ainsi au goût du jour le vieil adage selon lequel on « ne prête qu’aux riches ». Le nombre de clients des distributeurs de matériels pourrait donc se réduire. Néanmoins, les clients les plus solvables bénéficieront de prêts élevés avec des banques qui chercheront à se « refaire » sur les marges. Conclusion, les distributeurs qui pourront s’appuyer sur les clients les plus solides devraient bénéficier de belles opportunités, malgré le fléchissement à venir de l’activité.
L’ensemble des prévisions économiques reste néanmoins à prendre avec des pincettes. En effet, la situation pourrait facilement changer en fonction des rencontres et décisions politiques (rencontre des pays membres de l’UE, G20…). Comme le rappelait Nicolas Bouzou : « Nous ne sommes pas dans la situation de 2008 avec une crise violente et facilement analysable ». Les décisions qui sont en train d’être prises et seront prises dans les mois à venir peuvent tout changer, pour le pire ou pour le meilleur. L’Europe deviendra-t-elle plus fédérale ? Les banques accepteront-elles une recapitalisation efficace ? Réduirons-nous efficacement la dette ? Des réponses apportées à ces questions découleront différents scénarios économiques. Une situation complexe aux variables multiples qui doit engager les entrepreneurs à fonder leurs décisions sur des éléments tangibles et à ne pas chercher à prévoir l’imprévisible.
« Ca ne sert à rien de se faire peur comme ça ne sert à rien de se mentir, résumait l’économiste avant de déclarer qu’il était plus sage d’anticiper un ralentissement en 2012, mais pas une récession ». En réalisant une projection sur la base des chiffres de l’INSEE, le BTP devrait se diriger vers une trajectoire de croissance molle, pendant 4 à 5 ans. À court terme, une attitude raisonnée de la part des entrepreneurs consiste simplement à se montrer prudent, mais également, à anticiper un scénario plus difficile, même si le risque qu’il se produise est faible à en croire l’analyste. Luc Solderman, président de la distribution au DLR partage cette lecture des choses. Inutile de céder aux discours des Cassandres qui promettent la récession. « Pour 2012, il vaut mieux rester prudent en termes d’investissements et de personnel », poursuit Nicolas Bouzou.
« On ne prête qu’aux riches »
En l’état, la seule question qui vaille reste celle du crédit accordé par les banques aux entreprises du secteur. A la suite de l'accélération du crédit au BTP après la crise de 2008 d’environ 10 % par an, on peut maintenant s’attendre à une décélération. Bien qu’il n’y ait « pas de risque de faillite des banques, selon Nicolas Bouzou qui rappelle que les capitaux pour les renflouer existent, soit par des investisseurs étrangers, soit par le contribuable », celles-ci risquent de rencontrer des problèmes de fonds propres avec le fait qu’elles vont devoir faire une croix sur une partie du remboursement de la dette grecque. Sauf recapitalisation véritablement efficace des banques, ces dernières ne prêteront donc qu’aux entreprises les plus solides, remettant ainsi au goût du jour le vieil adage selon lequel on « ne prête qu’aux riches ». Le nombre de clients des distributeurs de matériels pourrait donc se réduire. Néanmoins, les clients les plus solvables bénéficieront de prêts élevés avec des banques qui chercheront à se « refaire » sur les marges. Conclusion, les distributeurs qui pourront s’appuyer sur les clients les plus solides devraient bénéficier de belles opportunités, malgré le fléchissement à venir de l’activité.
Un contexte macroéconomique mouvant
L’ensemble des prévisions économiques reste néanmoins à prendre avec des pincettes. En effet, la situation pourrait facilement changer en fonction des rencontres et décisions politiques (rencontre des pays membres de l’UE, G20…). Comme le rappelait Nicolas Bouzou : « Nous ne sommes pas dans la situation de 2008 avec une crise violente et facilement analysable ». Les décisions qui sont en train d’être prises et seront prises dans les mois à venir peuvent tout changer, pour le pire ou pour le meilleur. L’Europe deviendra-t-elle plus fédérale ? Les banques accepteront-elles une recapitalisation efficace ? Réduirons-nous efficacement la dette ? Des réponses apportées à ces questions découleront différents scénarios économiques. Une situation complexe aux variables multiples qui doit engager les entrepreneurs à fonder leurs décisions sur des éléments tangibles et à ne pas chercher à prévoir l’imprévisible.
Par Jérémy Bellanger, le 21/11/2011
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