L’île de la Réunion s’ouvre aux techniques du « sans tranchée »
La FSTT porte la bonne parole des travaux sans tranchée. Alors que l’association nous avait habitués à en faire la promotion en métropole, elle vient de réaliser deux jours de formation sur l’île de la Réunion. Une belle façon de mettre en avant des techniques qui prennent toujours plus d’importance dans l’Hexagone.
Les 20 et 21 septembre derniers, la FSTT a organisé, sur l’île de la Réunion, un séminaire de formation consacré aux « Techniques des Travaux sans Tranchée pour la construction, le renouvellement et la réhabilitation des réseaux ». Cette manifestation mise au point avec les délégations de l’île du CNFTP, de la FRBTP et le concours de la Direction de l’environnement de l’aménagement et du logement ainsi que de l’Office de l’eau de la Réunion a réuni plus d’une centaine de participants. Les exposés théoriques étaient complétés par des retours d’expérience présentés par des entrepreneurs de la FSTT qui avaient fait le déplacement.
Les participants ont donc pu assister à des exposés captivants portant sur deux chantiers de construction d’émissaire de rejet en mer par fonçage au microtunnelier (CSM Bessac), sur la présentation des produits de microtunnelage, mining,’’direct pipe’’ (Herrenknecht France), sur un chantier de microtunnelier du canal de Provence et la réhabilitation par CCPP par UV au CG 93 (Eiffage TP Réseaux), sur un chantier de réhabilitation d’ouvrages visitables en Guyane (Hobas France), sur la réhabilitation de conduites d’assainissement par injections, coques, béton projeté et chemisage et de canalisations AEP par tubage à Brest, sur la création d’un collecteur d’assainissement par microtunnelier en deux tirs longs avec courbes et contre-courbes à Rennes mais également sur la réhabilitation d’une conduite AEP Ø 800 mm par tubage sans espace annulaire à Nîmes (Sade).
Le séminaire s’est clos par des échanges/débat avec tous les participants au cours d’une table ronde réunissant maîtres d’ouvrage et décideurs locaux sur le thème : « contexte local et faisabilité du sans tranchée à La Réunion ».
Cette table ronde était essentielle pour tenir compte de la spécificité de la Réunion. En effet, on peut résumer la Réunion ainsi :
- Une île située à 9 000 km de la métropole
- Le climat tropical est très marqué saisonnièrement avec une période de très fortes pluies générant des inondations, en particulier des tranchées ouvertes
- Le sol (basalte et limons) hétérogène, les ravines à franchir
- La main-d’œuvre locale, le savoir-faire et la formation inédits en matière de travaux sans tranchée (TST)
- La circulation routière délicate
- La nécessité de choisir des techniques thermiquement peu sensibles
- La disponibilité de BET en géotechnique
- Des moyens d’inspection et de diagnostics sans doute insuffisants au regard des échéances de la nouvelle réglementation DT-DICT
Après s’être félicités de cette occasion de rencontre pas si fréquente des différents acteurs, on remarque que les difficultés de recours aux TST se situent principalement dans une mauvaise connaissance des ouvrages et le manque d’appui des opérateurs économiques (en particulier de proposition en termes de variantes). Aussi les donneurs d’ordre sont-ils invités à permettre des variantes ou mieux à se grouper pour permettre la venue économique d’opérateurs (foreurs par exemple) ou de matériel de la métropole.
Des illustrations exemplaires de possibilités de TST existent dans l’île, en particulier pour des émissaires en mer avec la houle et les contraintes environnementales dont peut s’affranchir la technique de microtunnelage. Il est d’autre part précisé que des TST de moyenne importance sont réalisables avec des outils disponibles à La Réunion et assuré que les entreprises locales ne sont pas frileuses en investissements.
Mais le recours aux variantes pour passer progressivement du traditionnel aux TST est cependant craint, car si les études préalables et le cahier des charges ne prévoient pas a priori de TST, on court à l’échec, voire à la catastrophe. La solution variante reste inopérante tant que les éléments essentiels à son étude sérieuse ne sont pas fournis. En guise de conclusions, il est essentiel d’insister sur le rôle de l’élu, à qui on proposera des solutions mieux adaptées à son contexte, l’importance de faire des études pertinentes et suffisantes avant tout choix, la disposition d’un marché ayant atteint une masse critique et le paiement de la matière grise à son juste prix pour ne pas étrangler l’ingénierie.
Au-delà du nombre important de participants, la richesse des échanges marque le succès de cette manifestation. Et pour prolonger ces deux journées, la FSTT propose d’aider les acteurs réunionnais de la construction de réseaux à s’organiser pour travailler ensemble par exemple dans une section locale « FSTT Réunion » supportée par les instances nationales de la FSTT.
Par la rédaction, le 16/12/2011
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