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Le meilleur des chantiers 2007

Le meilleur des chantiers 2007

Magazine Réseaux VRD I Septembre 2008 N° 156

Réseaux VRD a sélectionné en ce début d’année le meilleur des reportages que ses journalistes ont couvert sur l’année 2007, assainissement, eau potable, fibre optique, tous les réseaux, toutes les techniques sont évoqués dans ce dossier.

Réseaux VRD a sélectionné en ce début d’année le meilleur des reportages que ses journalistes ont couvert sur l’année 2007, assainissement, eau potable, fibre optique, tous les réseaux, toutes les techniques sont évoqués dans ce dossier. Bon voyage...

Clermont-Ferrand accueille le haut débit

Le nouveau réseau numérique de 153 km devra couvrir l’ensemble des communes de l’agglomération de Clermont-Ferrand, ce qui se traduit sur le terrain par des grandes distances de pose. Vingt et une communes sont concernées par le projet, dont les plus éloignées se situent à 10 kilomètres du centre de Clermont-Ferrand. Le déploiement de la boucle locale prévoit 190 sites à raccorder comme des zones d’activités, la ZFU (zone franche urbaine), les sites publics et les sites desservant le grand public (NRA). Autre particularité du projet, 28 kilomètres du réseau numérique passera par l’infrastructure existante au niveau du tramway dont la mise en service est assez récente. Pour cette partie spécifique, la pose de la fibre est réalisée par sous tubage à la main de chambre en chambre dans des fourreaux existants.
Sur les 105 kilomètres de réseau à créer, les techniques utilisées restent classiques, si ce n’est que dans le cadre d’une DSP, les entreprises délégataires s’organisent pour optimiser le délai de construction et de raccordement du réseau, afin de fournir au plus vite un service opérationnel aux différents opérateurs qui vont en faire la demande. Le groupement Vinci Networks, Marais Contracting Service et Axia a été choisi pour construire et exploiter le réseau pour une durée de 20 ans.

Fonçage en courbe à Annemasse

Ce chantier de pose va permettre de doubler un collecteur existant dont la section ne permet plus le bon écoulement des débits pas temps de forte pluie. Implanté sous une rue très commerçante du centre-ville de Annemasse en Haute Savoie, le nouveau collecteur DN1200 est posé par fonçage au micro tunnelier, une technique sans tranchée qui réduit les nuisances des travaux en surface. Dans ces conditions particulières de pose, un guidage de la machine au laser est inapproprié. Le micro tunnelier a donc été équipé du système HWL, Hydraulic Water Level qui permet de mesurer l’altimétrie de la machine grâce à un calcul de différence de pression entre la surface et la profondeur de travail de la machine et d’un gyroscope qui détermine en x, y, la position exacte de la machine. Le respect de l’axe et de l’altimétrie du fonçage est d’autant plus important que le tracé du micro tunnelier approche de très près d’un ovoïde existant.
Le tracé en courbe a aussi nécessité de brider la puissance du châssis de poussée à 400 t, afin de ne pas risquer de détériorer les emboîtements des tuyaux en béton dans la partie courbe. A savoir que ces derniers ont été conçus pour résister à des poussées rectilignes de 10 000 KN, ils utilisent pour cela un béton de classe C 60/70 et sont équipés de manchons en acier galvanisé.

350 h de ZAC viabilisés à Lyon

L’aménagement de la ZAC des Gaulnes revêt des enjeux forts. C’est d’une part la dernière grande zone d’activités que pourra aménager le Grand Lyon à l’Est de la commune. C’est d’autre part un projet à caractère exceptionnel vu la surface disponible, dépassant les 350 hectares  si l’on adjoint la zone industrielle existante. C’est aussi, un dossier de longue haleine, puisque les premières études remontent à 1995. C’est enfin un chantier nécessitant des précautions toutes particulières pour s’affranchir de l’existence de lignes à haute et très haute tension. Neuf zones ont ainsi été délimitées à l’avance avec un balisage de chantier spécifique et des véhicules de chantier badgés.
Sinon, l’aménagement de la zone des Gaulnes a fait l’objet de onze lots de travaux. Des terrassements de masse aux voiries, en passant par l’assainissement et la création des espaces verts, y compris les systèmes d’arrosage et d’éclairage, la première tranche de ce projet est une opération estimée à 60 M€, à savoir que l’assainissement représente le plus gros morceau. Cette partie des travaux se décline d’ailleurs en trois marchés consécutifs pour construire à la fois le collecteur de rejet en DN 2000 mm et l’ouvrage de chute dans le canal (Sogea Rhône Alpes et Gantelet Galaberthier), les bassins de rétention (Soterly, Beylat et Chazal) et l’assainissement global de la ZAC, EU EP (Bec, Coira et Rampa TP).
Pour garantir tant en délais qu’en respect des critères de la Loi sur l’Eau, Bonna Sabla a fourni sur ce chantier des tuyaux certifiés NF répondant aux critères d’étanchéité même pour les diamètres les plus importants, c’est-à-dire en 2000 mm.
Ce qui veut dire qu’à partir de l’usine de Nivolas dans l’Isère, située à une trentaine de kilomètres du chantier, Bonna Sabla est à même de contrôler et de certifier le bon niveau d’étanchéité jusqu’à des diamètres de 2 m, un sérieux avantage pour la garantie de réussite du projet, notamment dans sa partie environnementale et la protection de la nappe phréatique.  La réponse de l’industriel a également joué sur le respect des délais de livraisons, ceci grâce à une bonne anticipation dans la fabrication des gros diamètres de tuyaux et des pièces spéciales de taille similaire. Effectivement, pour favoriser la pose des éléments sur site, Bonna Sabla a créé et fabriqué plusieurs types de pièces spéciales types coudes assurant un montage plus simple et des cadences de pose supérieures, tout en assurant la qualité d’étanchéité.

L’Ardèche a soif !

Force est de reconnaître les efforts du syndicat des Eaux Ouvèze Payre pour sécuriser l’alimentation en eau des habitants de son district qui compte 13 communes et, à plus long terme, ceux du Bassin de Privas. Effectivement, si cette première tranche de travaux ne concerne pas encore son raccordement, le bassin privadois pourra facilement bénéficier de cette nouvelle ressource, le nouveau réseau étant prévu pour s’arrêter aux portes de Privas.  Pour minimiser l’impact des travaux sur l’écosystème des deux vallées concernées, le Syndicat des Eaux appuyé techniquement par son maître d’œuvre, le cabinet Pöyry, a fait le choix de passer directement par la crête pour ensuite pouvoir distribuer de façon gravitaire les deux vallées. A partir du réservoir principal existant sur la commune du Pouzin en bord de Rhône, une station de pompage de 90 m3/h de capacité (provisoire) permettra de refouler l’eau sous pression (16 bars et 35 bars prévus) sur environ 5 kilomètres en haut de la crête des Grads à 398 m d’altitude où un bassin semi enterré de 400 m3 est en cours de terrassement. Deux cuves de 1000 m3 sont également prévues pour compléter ce dispositif de stockage. Le deuxième volet du marché consiste à poser une deuxième conduite de distribution d’environ 2 kilomètres partant de ce nouveau réservoir pour se connecter sur une conduite existante dans la vallée de l’Ouvèze. Le refoulement passe dans une canalisation en fonte en diamètre 250 mm et la distribution dans une canalisation fonte en 200 mm de diamètre pour finir en diamètre 100 mm au niveau du raccordement. Pour garantir la pérennité du réseau d’adduction, le syndicat a fait le choix des tuyaux fonte Gobain">Saint-Gobain PAM, type K9 avec verrouillage extérieur pour les plus fortes pressions et les zones pentues et type Natural pour les sections planes avec moins de pression. Un passage en encorbellement nécessite également l’utilisation de tuyau Gobain">Saint-Gobain IsoPam recouvert d’une protection spécifique. Gobain">Saint-Gobain PAM aura livré sur ce site 350 t de tuyaux et pièces.

Béton architecturé pour ouvrages

Les ouvrages préfabriqués de franchissement de la RN 134, en Vallée d’Aspe représentant la partie sud en France de la desserte routière européenne E.07 reliant Pau à Saragosse par le col du Somport, ont fait l’objet d’un projet d’architecte confié à Pierre Loyer, cabinet AEI Paris. Celui-ci a défini à la fois le parti architectural des deux principaux ouvrages de franchissement du gave d'Aspe, de la voie ferrée et du tunnel d'Osse situés sur la section nord de la déviation de Bedous. Les élus du vallon ont souhaité que les ouvrages de décharges hydrauliques permettent également d'assurer un accès sécurisé aux sentiers de découverte du gave dont ils ont le projet.
Quant au dialogue entre Bonna Sabla et le maître d’œuvre avant l’adjudication, il a porté essentiellement «sur les méthodologies de pose et les exigences de nos solutions lors de la préparation du chantier», précise Gilles Cros, chef de projet génie civil chez Bonna Sabla. Par la suite, différents aspects ont été privilégiés, «dont les aménagements de détail, les validations techniques, des calculs à la conception de chaque ouvrage, ainsi que l’organisation générale du chantier».
Les conditions de transport devaient faire l’objet d’une attention particulière, dans cet environnement accidenté, la fabrication des éléments étant assurée à Lannemezan (31). Comme le souligne Gilles Cros (Bonna Sabla) : «les éléments préfabriqués étant transportés par camions, nous nous limitons en général au gabarit routier soit des pièces de 24 tonnes et des longueurs de 14 mètres. Usuellement, nous concevons nos ouvrages, de par leur calepinage et leur découpage, afin d’obtenir des pièces inférieures à 12 tonnes, soit deux unités par camion, dont la manutention sur site est plus aisée que des pièces de plus de 20 tonnes. Enfin les conditions de transport sur remorque sont plus faciles si la portée des ouvrages est inférieure à 12 mètres».
Quant au rendu, la différence entre les ouvrages coulés sur place et ceux préfabriqués n’est visible que de très près, si l’on s’approche des parois au point de faire la différence entre un élément monobloc et un autre, formé de plusieurs parties. La différence réside essentiellement dans la présence des joints pour la solution préfabriquée.

Thonon aime ses eaux thermales

Thonon-les-Bains, chantier du contournement autoroutier. Un réseau pluvial est en cours de finition. A l'oeuvre : une pelle équipée du système Grab John. Sa spécificité ? Terrasser et manutentionner avec plus de sécurité et de célérité.
Clé de voûte du dispositif : des pinces hydrauliques incorporées à la pelle. Nichées dans un caisson soudé au godet, en mode terrassement, elles se remarquent à peine. La tranchée ouverte, les pinces se déploient, façon couteau suisse. Un porte-outils emboîté et une rotation plus tard, la buse béton est pincée et placée dans la tranchée. L'opération a pris quelques secondes.
Premier avantage notable : la sécurité. Plus d'élingues, ni de courroies ou de crochets, le danger de balancement lors de la préhension du tuyaux est écarté. Plus de manoeuvres non plus pour guider la charge, seul le conducteur de la pelle est intervenu. « C'est le top », commente Jacques Monat, chauffeur de pelle chez Beolet, « tu fais ta fouille, t'as le gars devant ou derrière, dans ton champ de vision et il n'y a pas de balancier, une fois la pince fermée, ça ne bouge plus ». « C'est un système sans équivalent », loue Jean-Luc Barthet, technico-commercial pour Cimentub, fabricant français d’ouvrages hydrauliques qui a l'exclusivité de la commercialisation du Grab John sur le marché français.
Le système peut supporter, grâce aux portes outils des tuyaux béton jusqu'au diamètre 1 200 mm. Seuls pré-requis : 250 bars maximum pour la pression de travail, et un débit de 45 litres par minute sur la pelle. Le Grab John peut être également utilisé, pour la pose de tuyau de fonte, directement avec les pinces, pour des diamètres 100 mm à 700 mm.

Les composites s’exportent à l’Est

Projet de tout premier ordre pour Branska Bystrica, une ville centrale de la Slovaquie, la refonte complète de son schéma d’assainissement représente un investissement de près de 40 M€ financé en partie par des fonds européens dans le cadre du programme de financement européen ISPA. Le projet de Branska Bystrica  concerne à la fois la reconstruction de la station d’épuration et la mise en service d’un nouveau réseau de 61 km, y compris les branchements de toutes les communes avoisinantes. Un projet qui répond aux objectifs de la Slovaquie d’être, d’ici à 2012, aux normes européennes en matière d’assainissement collectif en se dotant d’un système de collecte et de traitement à la pointe de la technologie occidentale. Réalisé en partie en milieu urbanisé, le nouveau réseau fait appel à plusieurs techniques de pose, soit en tranchée ouverte profonde avec talutage naturel, soit sans ouverture, par tunnelier à front ouvert ou par creusement de galeries en traditionnel.
Au stade de la conception du projet, les premières réflexions ont été menées sur un collecteur tout béton. Mais à l’avancement des études, notamment hydrauliques, il a été décidé d’utiliser un tube en matériau composite, en PRV (polyester renforcé de verre) centrifugé en provenance d’une usine tchèque du groupe Hobas, bien implanté en Europe centrale, notamment en République Tchèque et Pologne. Des critères décisifs tels que la faible l’épaisseur des tuyaux en PRV, leurs poids réduits, leur résistance mécanique, leur bon coefficient hydraulique et leur grande résistance aux agressions chimiques ont joué en faveur du matériau composite, éléments  retenus par les experts européens qui sont intervenus dès la conception du projet au vu des justifications techniques, essais en laboratoire et références apportés par le fabricant Européen.



La rédaction


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