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Mini-dumpers
Les motobasculeurs 4*4 : simples mais efficaces.
Magazine Réseaux VRD I Juin 2008 N° 154
Le marché des Mini-Dumpers est versatile. Acclamés lors de leurs premières apparitions, boudés il y a quelques années lors de la montée en puissance des chargeuses 600 litres, ces appareils ont retrouvé aujourd’hui les faveurs des professionnels du BTP.
Le marché des Mini-dumpers est versatile. Acclamés lors de leurs premières apparitions, boudés il y a quelques années lors de la montée en puissance des chargeuses 600 litres, ces appareils ont retrouvé aujourd’hui les faveurs des professionnels du BTP.
D’après Louis de Mecquenem, directeur d’AUSA France, le retour en grâce du mini-dumper est à relier directement au très fort développement de la mini-pelle. « Le succès de ce dernier type de machine est phénoménal, mais contrairement au tractopelle qu’elle remplace, celle-ci ne peut transporter les matériaux qu'elle enlève. On observe ainsi une forte corrélation entre la montée en gamme des "gros mini dumpers" et l'utilisation de plus en plus importantes des mini-pelles » explique-t-il.
500 à 1 000 machines sont ainsi vendues chaque année, en grande majorité pour alimenter le parc des loueurs qui ont bien compris l’intérêt de ces engins au concept élémentaires mais efficace.
Concept
Le principe de ces engins est des plus simples : il est calqué sur celui d’une brouette avec un déversement mécanique. Leur fonction de base est de convoyer rapidement et avec le minimum d’efforts des matériaux en vrac, ou encore du béton, d’un point à un autre d’un chantier. Utilisés pour des sites peu étendus (10 hectares) il leur est demandé d’être rapide et de pouvoir manœuvrer sur tous types de terrain, du plus meuble au plus pentu. De petite taille, ils se faufilent dans des zones d’accès difficile, n’encombrent pas les lieux de constructions et ne nécessitent par pour le maître d’œuvre d’immobiliser un poste de chauffeur d’engin très qualifié.
Innovations :
Les premiers mini-dumpers, conçus il y a déjà plus d’une cinquantaine d’années, brillaient plutôt par leur rusticité. C’est loin d’être le cas aujourd’hui, et les modèles vendus actuellement sont des outils multifonctions performants.
Ainsi, du seul déversement frontal d’origine, on est passé à l’Hydroskip et au Girabenne : le premier est un système de ciseau qui permet le déversement en hauteur, le second rend possible le déchargement sur le côté. C’est une utilisation idéale pour le remblaiement de tranchée par exemple.
Le châssis a également évolué et l’on trouve aujourd’hui des modèles rigides ou articulés, des tractions 2x4 ou 4x4. Même choix pour les transmissions, mécaniques ou hydrostatiques, ces dernières ayant les faveurs des professionnels pour le confort et la fiabilité nettement accrus.
Les familles de mini-dumpers
À chenilles ou sur pneumatiques ? Tout dépend finalement des habitudes de l’utilisateur tout autant que du type d’utilisation prévue. Ces mini-dumpers affichant peu ou prou les mêmes performances en puissance et transport de charges, ce sera en effet ailleurs qu’il faudra trouver un facteur limitant : ainsi, un utilisateur s’orientera plutôt vers un engin à chenilles si le terrain est très meuble ou présente une forte déclivité, mais cet argument ne vaut pas toujours tant il est vrai qu’un 4x4 avec des pneumatiques bien dessinés s’en sortira aussi bien. Plus pertinent est le rayon de braquage car, plus court pour les engins à chenilles, il permet de réaliser des demi-tours sur des périmètres très restreints. Intéressant sur des chantiers très encombrés ou sur des terrains fragiles (les chenilles sont moins agressives pour les pelouses ou allées), ce type d’engin ne supporte pas la comparaison si le souhait principal de l’utilisateur est de se déplacer rapidement d’un endroit à un autre.
En dehors de cette distinction, la plupart des marques classent les mini-dumpers en fonction de leur charge (de 600 kg à 12 t.), de la capacité de la benne en litre, de la puissance développée par le moteur, de leur encombrement, du type de déversement possible, de leur capacité tout terrain.
Si ce classement n’aide pas aux comparaisons, il peut néanmoins orienter l’utilisateur suivant ses impératifs de chantier. À cela s’ajoutent le choix d’un châssis rigide (stabilité) ou articulé (maniabilité : 4 roues plus en contact avec le sol), le confort d’utilisation et la sécurité
La sécurité
La première des sécurités est liée au conducteur qui doit obligatoirement posséder un Cacès n°1 pour conduire ce type de véhicule. Cela n’est pas suffisant puisque son employeur doit aussi lui délivrer une autorisation de conduite. D’ailleurs en cas de location, c’est l’entrepreneur qui est garant et non pas le loueur. Le conducteur pourra rouler sur la voie publique à condition que la machine soit équipée de l’éclairage route et qu’elle ne dépasse pas les 25 km/h. À l’obligation de ne jamais descendre la benne vers le bas une pente de déclivité supérieure à 10 %, s’ajoutent des notions de bon sens comme de ne pas chercher à gravir des zones trop pentues, d’être prudent en devers.
Des basiques : le casques ; les gantes et lunettes…
On l’a vu, le mini-dumper est un appareil de fabrication relativement simple, facile à utiliser, mais qui rend de fiers services sur un chantier. Il passe partout ou presque, se faufile sans se défiler, c’est un touche à tout qui transportera des charges jusqu’à 12 tonnes pour certains modèles…
Points importants : l’encombrement, le type de châssis et de déversement, la capacité tout terrain.
Pour qui : paysagistes, artisans du BTP, collectivités locales ; chantiers pavillonnaires.
Pour quoi : transport de matériaux en vrac. Confort et simplicité d’utilisation.
Le marché : marché de niche avec 500 à 1 000 ventes / an essentiellement aux loueurs.
Petit mais agile
AMMANN distribue des mini-dumpers sur chenilles de la marque YANMAR, les C12A, C30R et C50R d’une capacité de benne respectivement de 520, 1 240 et 2 300 litres. Le C12A est particulièrement intéressant par ses dimensions modestes (largeur hors-réduite de 96 cm) et son rayon de braquage très court de 181 cm. Le nombre de rotations sur les chantiers se voit ici avantageusement diminué du fait d’une capacité de benne importante pour une machine aussi compacte. À noter également un déchargement possible sur trois cotés « Tri-benne » avec un angle de déversement important (58 degrés sur les côtés, 56 à l’arrière), une conception robuste du châssis et de la benne, et un moteur YANMAR plus puissant que les générations précédentes à deux cylindres et refroidi à l’eau.
Puissance et polyvalence
IHIMER, né de la JV IHI et IMER Group, lance sur le marché du BTP un nouveau modèle de petit dumper de chantier multifonction dénommé Carry 107.
Equipé d’une pelle auto-chargeuse, ce transporteur sur chenille très compact est la solution idéale pour le transport de matériaux embarqués sur chantiers urbains et dans des zones d’accès difficile, ou encore pour dégager des voies enneigées grâce à sa lame chasse-neige. Existant en 4 versions, avec benne, benne et voie variable, benne et pelle chargeuse, pelle chargeuse et voie variable, le mini-dumper Carry 107 IHIMER est équipé d’un moteur HONDA essence de 8.2 kW ou d’un moteur YANMAR de 7.4 kW à démarrage électrique.
Un effort a été réalisé pour le confort du conducteur grâce à un nouveau dessin des chenilles et la présence de silentblocks au niveau du guidon et du repose-pied qui réduisent la vibration transmise aux bras et au corps inférieur.
Le groupe IMER commercialise également cinq gammes de dumpers sur pneumatique d’une capacité de charge allant de 1 200 kg à 2 000 kg (autobétonnière, à déchargement frontal, en hauteur, en rotation et autochargeable) et distribue en France des mini-transporteurs à chenille de la marque japonaise Chikusui avec différents types de démarrage et systèmes de basculement.
Une machine innovante
Dans le quarteron de tête des constructeurs de chariots télescopiques à déports de charges, la société italienne MERLO développe également des produits destinés aux petits chantiers comme le Cingo, transporteur polyvalent sur chenilles disponible en plusieurs versions M 6.2, M 8.2 et M 10.2, avec des châssis porteurs allant de 600 kg à 1 000 kg. La série 2008 s’articule autour de 2 gammes : la gamme attelage rapide avec une nouvelle architecture des bras porte-outils qui permet un attelage rapide des nombreux équipements interchangeables (bras télescopiques, mini-pelles, etc.) et la gamme transporteurs disponibles avec deux types de bennes. Les modèles, animés par un moteur diesel ou essence de 5 à 21 ch sont caractérisés par des évolutions marquantes comme le système hydraulique pour l’élargissement de la voie des chenilles, ou le nouveau train de roulement sur rouleaux oscillants.
Du bon travail à petit prix
Distribué depuis plus de 5 ans par la filiale France de YUASA Trading GmbH, ces petites machines à chenilles d’une capacité de 500 à 700 kg sont conformes au standard de sécurité européen (CE). Très simples d’utilisation, dotés d’une transmission mécanique, les modèles sont animés par un moteur Mitsubishi développant une puissante maximale de 4.6 kW (vitesse maximale avant de 4.4 km/h et de 3.8 km/h en marche arrière).
Un transporteur des plus futés
Le petit dernier des mini-dumpers sorti des ateliers de fabrication de la société italienne MESSERSI SPA est le transporteur chenillé TCH-2500 à transmission hydrostatique et moteur hydraulique à deux pistons pour chaque chenille. Le moteur, un KUBOTA diesel de 48 ch est bien dimensionné pour les caractéristiques de la machine (largeur de 160 cm et capacité de charge de 2.5 t).
Intelligemment conçues, les commandes servo-assistées avec joy-stick installés sur les accoudoirs du siège, lui-même tournant sur 180 °, permettent de maintenir l’utilisation du joy-stick cohérente avec n’importe quel sens de marche ou orientation du siège. À noter la structure modulaire du châssis pour l’utilisation de plusieurs accessoires.
Testé et validé
La société BELLE GROUP, reconnue comme une des références techniques dans l’industrie du compactage, fabrique également des mini-dumpers de chantiers dont le tout nouveau BMD 300 (300 kg de PTC, benne de 134 litres de capacité, quatre roues motrices).
Idéal pour les petits espaces (empattement de 716 mm), il a été conçu en priorité pour le marché de la location : robustesse et fiabilité, moteur HONDA GXV160 de 5.5 ch / 4 kW conforme aux dernières normes anti-pollution, bonne maniabilité. Quatre options ont été développées : plateau de chargement pour parpaings, rampes de chargements, roues larges, attaches boules.
Du plus petit au plus grand
Deux nouveaux transporteurs sur chenilles viennent étoffer la gamme du constructeur KUBOTA. Il s’agit du modèle KC110, le plus petit modèle du transporteur avec sa capacité de chargement d’une tonne et un moteur diesel KUBOTA développant 34.1 ch à 2 800 tr/mn, et du KC250 le plus puissant (2.5 tonnes, 46 ch à 2 800 tr/m). Tous deux sont dotés d’un train de chenilles avec galets à doubles flasques pivotant en leur milieu pour améliorer la stabilité et la flexibilité. Ces transporteurs offrent une vitesse d’avancement variable grâce aux deux pompes et aux deux moteurs de sa transmission hydrostatique sans embrayage. Deux versions sont proposées : Girabenne pour le KC250HR ou à déversement frontal avec le KC250H.
Qualité, longévité
Présent aujourd’hui tout autant sur les marchés des dumpers sur pneus et sur chenilles, NEUSON a su réagir à la forte croissance des demandes en ce type de produits. Le groupe allemand est maintenant en mesure d’offrir une gamme de produits qui comprend dix modèles dont la charge utile varie entre 0.85 et plus de dix tonnes. Pour ces produits, NEUSON a misé sur le système Powershift, qui convertit la boîte de vitesse en un organe de translation hydrostatique performant. Egalement pour tous les modèles, une benne en acier renforcé par des profilés supplémentaires qui réduisent fortement les risques de déformations. Un nouveau design, une fonctionnalité améliorée et un confort ergonomique accru, NEUSON est maintenant bien placé pour fixer les nouveaux standards des mini-dumpers.
Des produits techniques
TEREX développe différentes gammes de mini-dumpers de charge utile allant de 850 kg à 12 tonnes. Position debout sur plateforme arrière pour l’utilisateur du PB16 et PB21 (capacité respective de la benne de 453 et 595 litres), et utilisation assise pour les modèles des gammes supérieures. Les modèles HD (high discharge) ont une hauteur de décharge de 150 cm et sont de conception étroite ce qui permet aux machines de passer par une porte standard d’un mètre de large. De garde au sol élevée avec un centre de gravité bas, ils gèrent avec aisance les manœuvres en terrains difficiles. Plus puissantes, les gammes PT (godet automatique) et PS (pivot automatique) sont construites avec un seul mot d’ordre : de lourdes charges convoyées avec célérité. À noter un premier modèle à châssis rigide, le PS6 AWS dont le rayon de braquage très court de 7.7m.
Une gamme très complète
AUSA France dont le CA a presque doublé en deux ans pour atteindre 18 M d’€ en 2007 bénéficie de la bonne santé du secteur de la location mais aussi de l’élargissement et du renouvellement initié en 2003 de sa gamme. Disposant d’une offre de plus de 40 modèles de mini-dumpers sur pneumatiques, châssis rigide ou articulé avec transmission hydrostatique, capacité de charge allant de 850 à 10 000 kg, AUSA offre aujourd’hui le choix le plus important du marché.
Présenté en avant première au salon BATIMAT 2007, destiné au marché français et anglais et commercialisé en France fin 2007, le nouveau mini-dumper D1000 APG, un articulé équipé en version Girabenne d’une capacité de près de 6 000 litres (benne comblée). En vrai dix tonnes de capacité de charge avec déchargement frontal ou latéral, animé par un moteur KUBOTA de 105 ch, il a été conçu autours de trois axes essentiels, la sécurité de l’opérateur, la manœuvrabilité et la stabilité.
Le sérieux anglais
Thwaites, le numéro un des fabricants de mini-dumpers au Royaume-Unis, distribué en France par WACKER Group, présente un mini-Dumper, le 1 tonne HI-TIP. Son système d’entrainement est hydrostatique avec pompes à débits variables alimentant 4 moteurs hydrauliques montés directement sur chaque roue. Sa benne, d’une capacité de 500 litres pouvant être déversée à plus de deux mètres de hauteur, est en tôle d’acier 3 mm avec des bords renforcés par des sections en caisson pour donner plus de solidité et minimiser les dommages. Alimenté par un solide moteur Diesel YANMAR de 21.4 ch brut à 2 800 tr/mn, ce
mini-dumper est rapide. Son système de freinage automatique incorporé dans les moteurs arrières et son arceau anti-retournement sont sécurisants.
Cédric Beal
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