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Tubage avec espace annulaire d'une canalisation d'eau
Magazine Réseaux VRD I Mai 2008 N° 153
Les techniques de réhabilitation par voie souterraine se développent et se démocratisent au point que maintenant, certains maîtres d’ouvrage, conscients des avantages qu’elles apportent, les privilégient par rapport aux techniques traditionnelles avec ouverture de tranchée.
Les techniques de réhabilitation par voie souterraine se développent et se démocratisent au point que maintenant, certains maîtres d’ouvrage, conscients des avantages qu’elles apportent, les privilégient par rapport aux techniques traditionnelles avec ouverture de tranchée. C’est la cas du SEDIF, le syndicat des eaux d’Ile-de-France qui, dans le cadre de sa politique ISO 14001 est très attaché à cet aspect environnemental des chantiers.
L’eau est un bien précieux et pourrait devenir une denrée rare qu’il convient donc d’économiser et de transporter dans les meilleures conditions possible. Entre Taverny et à Saint-Leu-la-Forêt, dans le Val d’Oise une canalisation principale d’eau potable, un "Feeder" en béton avec âme-tôle de diamètre 500 mm intérieur datant de 1952 présentait des signes manifestes de vieillissement, en particulier des fuites. Une réhabilitation était indispensable sur une portion de 2800 mètres.
Compte tenu de l’environnement urbain et de l’encombrement du sous-sol le bureau d’étude chargé de la maîtrise d’œuvre, le cabinet MERLIN, allait proposer une technique sans tranchée de tubage avec espace annulaire par une canalisation en polyéthylène (PEHD de 450 mm extérieur PN 16) sur une longueur totale de 2000 mètres en plusieurs tronçons. les 800 mètres restants seraient traités par voie traditionnelle.
C’est l’agence AXEO Ouest Ile-de-France basée à Nanterre qui allait être choisie pour la réalisation de ce chantier et elle allait elle-même confier la partie tubage à l’agence AXEO Travaux Spéciaux du Sud-Est, spécialisée dans la mise en œuvre de ce type de technique.
« Plusieurs tronçons ont été définis, en fonction des possibilités d’implantation des puits sur la chaussée » explique Matthieu PERCHE le chef de l’agence Sud-Est. « la longueur de ces tronçons allait de 140m pour le plus petit à 520 m pour le plus grand. A noter que sur d’autres chantiers nous avons eu l’occasion de réaliser des linéaires largement supérieurs, comme à Bordeaux où nous avons tubé en 760 mm un tronçon de 1300 mètres»
Les différentes étapes du tubage
« Après une analyse méticuleuse des plans nous réalisons dans un premier temps les puits de tirage et d’introduction. Ce dernier est fonction de la longueur des tubes de PEHD utilisés. Ceux que nous utilisons étant de 12 mètres, les puits d’introduction étaient de 14 mètres.
Nous procédons ensuite à une inspection par caméra vidéo, puis au nettoyage de l’ancienne canalisation. Viennent ensuite la soudure "au miroir" des tubes, puis leur tirage.
Le tirage et la mise en place terminés la canalisation subit pour finir une épreuve hydraulique sous pression à 16 bars, puis un raccordement et une désinfection »
Soudure et tirage
Chaque soudure nécessite une heure et demie. C’est une phase particulièrement délicate où les paramètres de température de fusion, de pression, et de temps de refroidissement doivent être scrupuleusement respectés pour une qualité irréprochable. Le bourrelet de soudure extérieur est ensuite éliminé.
Le treuil utilisé a une capacité de 12 tonnes (24 tonnes avec mouflage) et dispose d’une longueur de câble de 1500 mètres. Sur ce chantier les efforts maximaux exercés allaient de 1,5 à 7 tonnes en fonction des longueurs à tracter. Le tableau de bord du treuil permet de gérer en continu l’effort de traction, la vitesse d’avancement et la longueur tirée. Cette phase de tirage ne demande en moyenne que 5 minutes par tube de 12 mètres.
Il est ainsi possible de traiter jusqu’à 7 tubes de PEHD par jour.
Les déconnexions et les raccordements seront ensuite assurés par la VEOLIA EAU, qui assure l’exploitation du réseau.
Le point de vue du maître d’ouvrage
Eric JANSSON est ingénieur principal, responsable du service Feeders du SEDIF : « Nous sommes conscients des avantages que ces techniques sans tranchée apportent en matière de réduction de la gêne pour les riverains et pour la circulation dans les environnements urbains. Nous apprécions également la rapidité de ces procédés et leur coût qui est au global 10 à 20% inférieur aux techniques traditionnelles avec ouverture de tranchée. Pour ces raisons nous privilégions ces techniques chaque fois que cela est possible et notre réflexion préalable est maintenant « peut-on faire sans tranchée ? »
Par ailleurs le maître d’ouvrage attache une attention particulière à la communication et à l’information des riverains avant et pendant les travaux. Une note explicative est déposée dans chaque boite aux lettres, co-signée par le maire de la commune et le président du SEDIF. Elle décrit les différentes phases du chantier et les avantages de la technique mise en œuvre. De plus, de larges panneaux sont disposés aux abords des travaux.
Démarré fin 2006 ce chantier aura duré 18 mois et tenu ses promesses en matière de délais et de qualité.
FICHE D’IDENTITE
Lieu : Entre Taverny et Saint-Leu-la-Forêt (95)
Nature des travaux : Tubage d’une canalisation de 500 mm avec un PEHD sur
2000 mètres
Technique mise en œuvre : Tubage avec espace annulaire
Personnel sur le chantier : 4 à 5 personnes
Maître d’ouvrage : SEDIF
Maître d’œuvre et B.E. : Cabinet MERLIN
Entreprise : AXEO, agences de Nanterre et agence Sud-Est
Montant des travaux : 3 303 633 Euros TTC
Financement : 76% SEDIF, 24% Agence de l’Eau
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