La création de système de relève ou de gestion à distance des éléments de réseaux d’eau a grandement facilité leur gestion et leur entretien. Désormais, l’instantanéité s’est immiscée dans ce secteur. Une arrivée salvatrice qui permet, depuis plusieurs années, de traquer les fuites et de gérer le plus finement possible cette ressource de plus en plus précieuse.
La télégestion est une façon d’automatiser, de surveiller et/ou de gérer des installations. Elle permet d’élever la qualité de service tout en aidant la maintenance et en favorisant les économies d’eau et d’énergie. C’est un fonctionnement dans les deux sens. De son côté, la télérelève est moins complexe. Elle n’offre qu’un sens d’action, celui de la relève des informations. Elle est parfaite pour la détection des fuites sur les réseaux.
Plusieurs entreprises sont spécialisées dans ce domaine
Télégestion hébergée
Alyane fait partie de la chaîne globale de la télégestion. C’est très utile pour les ouvrages liés à l’AEP et à l’assainissement, que ce soit des châteaux d’eau, des usines e traitement des eaux, etc.
La solution proposée par Alyane est applicable à tout le réseau, que ce soit l’ouverture d’une vanne ou la mesure d’une pression. Sur chaque élément, il est possible d’installer un capteur relié à un système de transmission qui transmet l’information à un système de supervision.
Alyane intervient concrètement au niveau de l’informatique avec un système qui n’est pas acheté par la collectivité. En effet, l’entreprise propose une solution hébergée. Cela réduit considérablement les soucis d’entretien pour les petites collectivités et les problèmes de maintenance. Cela réduit également les coûts et dispenses de connaissances informatiques. C’est donc très utile pour les collectivités qui régissent leurs installations. C’est moins utile pour les fermiers ou les grosses collectivités. Les utilisateurs accèdent à toutes leurs données via une simple connexion internet et peuvent, de la même façon, renvoyer un ordre en conséquence.
Cela fait 6 ans qu’Alyane propose ce système de gestion hébergé et clame être la seule offre de ce type. Bien évidemment, Alyane gérant toute la partie informatique, l’outil de télégestion proposé est adaptable et l’entreprise permet à chacun de ses clients d’en optimiser le fonctionnement, la maintenance, etc.
Fabriquer les bons outils
Perax est fortement impliqué dans la chaîne de contrôle des réseaux puisque l’entreprise s’occupe de fabriquer les automates de télégestion et les systèmes de télérelève. Perax fournit des produits très complets. Ne cherchez donc pas dans sa gamme de prix d’appel mais un tarif « moyen » qui permet d’avoir accès à une solution globale. Selon Alain Cruzalebes, président de Perax, « on est spécialistes de l’eau. On apporte une vision globale du système selon le projet sur lequel nous travaillons, qu’il s’agisse d’un déversoir d’orage ou d’un bassin de rétention par exemple. » Une des forces de l’entreprise est d’être une PME d’une vingtaine de personnes offrant une grande souplesse de fonctionnement.
Pour la télérelève, Perax se concentre sur des marchés spécifiques aux accès difficiles (montagne, bouches d’égouts, etc.) et difficile à alimenter en énergie d’où le fonctionnement par pile. Le système peut gérer des compteurs, des horodateurs, des alarmes anti-intrusion, etc. et peut travailler dans des conditions extrêmes puisqu’il est IP68 (immersion permanente). Le module communique par GSM avec des antennes déportées pour avoir la meilleure accroche réseau possible. Si la configuration du projet l’exige, il est envisageable de coupler le système avec un capteur solaire 5 W.
Pour la télégestion, donc dans des cas où l’alimentation électrique ne pose pas de problème, Perax offre un système beaucoup plus modulaire et annonce proposer tous les moyens de communication possibles. « On peut monter jusqu’à 1 500 voies contrôlées » souligne Alain Cruzalebes.
Leader et tourné vers l’export
Entité du groupe Lacroix Signalisation, Lacroix Sofrel est spécialisée dans la télégestion dans le domaine de l’eau depuis 1976. Aujourd’hui, la marque annonce posséder 70 à 80 % du marché français et se tourner de plus en plus vers l’export pour continuer à croître. D’ailleurs, l’entreprise rappelle que la ville de Rennes, sous contrat avec Véolia, est équipée à 80 % de produits Sofrel. Parmi les clients de l’entreprise, citons les opérateurs et autres gros exploitants. Pour Lacroix Sofrel, la télégestion intervient dans les zones de production (stations, forages, etc.). Des capteurs y sont donc placés afin de fournir les informations techniques qui sont ensuite récupérées par des postes locaux de télégestions (PLT) et analysées par des techniciens de réseau via sms, téléphone et autres mails. Tout cela peut ensuite passer par des logiciels de traitement comme PC Win qui s’interface sous Windows et s’interface parfaitement avec MS Word et Excel afin de faciliter au maximum l’expérience utilisateur.
Le cœur de métier de Lacroix Sofrel est le poste local de télégestion. Ce type de matériel est, entre autres, installé dans des postes de relèvement et dans l’AEP. D’ailleurs, de plus en plus de marchés s’ouvrent à la distribution puisqu’une fuite sur une canalisation fait baisser le rendement. Une situation que les fermier et gestionnaires veulent faire disparaître, en accord avec le Grenelle, d’autant que la production d’eau est chère et qu’il faut donc l’optimiser. Pour cela, un suivi de production très précis est nécessaire et la réponse de Lacroix Sofrel à cette problématique est la gamme LV qui gère la télérelève et la sectorisation. L’appareil récupère les données des compteurs d’eau et fonctionne sur piles. Il transmet les données à l’opérateur. Pour le fabricant, c’est le produit qui connaît la plus forte croissance auprès des collectivités. Les données peuvent être centralisées sous PC Win.
Au-delà de l’AEP, Lacroix Sofrel propose également des produits dédiés à l’assainissement, au génie climatique et à la télégestion d’éclairage public.
Gérer les réservoirs
Pour WitSolution, le niveau d’eau dans les châteaux d’eau doit être soumis à un contrôle permanent pour éviter tout débordement et pour assurer une alimentation continue du réseau de distribution. De même, les stations de pompages, souvent distantes, qui alimentent le réservoir doivent se mettre en marche dès que le niveau devient insuffisant. C’est pour répondre à ce besoin que Wit propose une solution apte à piloter le réservoir en toute autonomie grâce à une télécommande de site à site par GSM. Cela permet de garantir une continuité de service, une gestion en temps réel et la possibilité d’être averti immédiatement par sms ou e-mail en cas de souci. Il n’est pas négligeable de souligner que l’activation des pompes pendant les heures creuses des tarifs EDF peut permettre de réduire la facture énergétique. De plus, la télégestion permet de mieux gérer les plannings des équipes de maintenance. L’offre de Wit permet également de consulter à distance les compteurs, de visualiser l’évolution de la distribution et, selon les bilans établis, de détecter d’éventuels incidents, fuites ou défauts de pompage.
Pour les réservoirs isolés, il est possible d’avoir un contrôle sur la sécurisation d’accès au réservoir et de détecter d’éventuelles intrusions. Le système TwinY est autonome avec une alimentation interne et un modem GSM.
Wit propose également des solutions pour le relevage des eaux usées et pour l’autosurveillance des réseaux d’assainissement.
Le bon logiciel pour télégérer
Areal est l’éditeur du logiciel de supervision Topkapi Vision. C’est une valeur sûre qui est aujourd’hui à sa version 5. C’est un logiciel de contrôle commande pour aller de l’analyse de donnée à la gestion d’astreinte. Il représente l’interface homme-machine entre l’opérateur et le réseau. Le logiciel est au sommet de la chaîne de gestion et peut récupérer des données et intervenir. Topkapi peut également traiter les données pour faire des bilans, des analyses, etc. C’est un module très personnalisable selon le type de bilan que l’on cherche à obtenir. Le logiciel peut tout traiter, que ce soit pour la gestion d’un château d’eau, d’une exploitation, d’un réseau, de l’action sur une vanne, etc.
L’interface est très graphique et utilise des boutons ressemblant à des commutateurs pour arrêter ou démarrer une pompe par exemple. Topkapi peut dialoguer avec les équipements les plus répandus du marché (Sofrel, Wit, Peyrax, etc.) et dispose d’un système d’alarme qui débouche sur un dispositif d’astreinte via sms, text-to-speech, mail, téléphone, etc.
Enfin, notons que Topkapi offre également la possibilité de se connecter sur le serveur via des Topkapi « clients ».
Télérelevés de compteurs
Parce que la gestion à distance peut être appliquée à de nombreux secteurs, attardons-nous ici sur l’offre de l’entreprise Sappel qui, depuis 1997, s’est fait une spécialité du radiorelevé de compteurs avec la radio Izar. Aujourd’hui, la gamme permet d’agir tant dans la distribution et la répartition qu'en milieu industriel.
Le produit phare de la marque est l’Izar CP R3.5. Il s’agit d’un émetteur radio qui fonctionne sur la fréquence de 868 MHz et qui est compatible avec l'ensemble des compteurs modulaires Sappel
Ce produit se clipse facilement sur tous les compteurs de la gamme du fabricant. Il renvoie l’index réel du compteur auquel il est associé. Très compact, il fonctionne avec une pile non interchangeable d'une durée de vie moyenne de 15 ans. Outre l'index réel du compteur, la radio Izar CP transmet un index à date anniversaire programmable (ex : 31/12) et l'autonomie restante de la pile. Elle intègre par ailleurs de nombreuses alarmes comme les fuites, le compteur à l'arrêt, la fraude mécanique (déclipsage), la fraude magnétique, le retour d'eau ou encore le sur ou sous débit.
La télérelève pour le CHR de Lille
Eaux du Nord vient de mettre en place un système de télérelève de la consommation d’eau du CHR de Lille, pour la suivre au jour le jour et mieux la contrôler. Ce service est conçu comme une veille de consommation fonctionnant 24 h/24 afin de résoudre rapidement toute surconsommation liée à une fuite invisible ou « vicieuse » (chasse d’eau, robinet mal fermé…).
Le compteur, équipé d'un émetteur, effectue la lecture d'index et transmet l'information à un module radio, installé à proximité. Des récepteurs recueillent les données pour les transmettre à un serveur de façon sécurisée. Cette information peut alors être consultée par le client sur son ordinateur via le logiciel Noé.
Cet outil permet de lire les consommations à distance, mais aussi de réaliser des statistiques, archiver les données, créer des alertes (repérage de fuites, alertes de dépassement de volumes ou de débits…) et ainsi de prévoir des plans d'actions pour réparer les désordres, comprendre les consommations et proposer des axes de progrès en terme de gestion de l'eau.
Avant la télérelève, les relevés mensuels étaient l’unique moyen de détecter une fuite, le délai d’intervention était donc considérable et c’est plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes d’eau qui pouvaient partir à l’égout en cas de fuite. Pour le CHR, qui compte 20 km de réseaux et 27 compteurs, la collecte des informations était fastidieuse puisque c’était chacun des compteurs qu’il fallait relever chaque jour, puis saisir et analyser les données.
« La Télérelève répond parfaitement à mes objectifs de maîtrise de notre consommation grâce à une surveillance de l’ensemble du réseau » confirme Wilfrid Descamps, responsable des fluides au CHR de Lille. Le CHR de Lille peut ainsi connaître l'évolution en temps réel des consommations, créer des statistiques, calculer des écarts, repérer les fuites, et entreprendre des réhabilitations de réseaux si besoin.
Le bilan est positif, « nous intervenons rapidement en cas de fuites et pouvons suivre de manière extrêmement précise la consommation d’eau par compteur ou par bâtiment », ajoute-t-il encore. Cette maîtrise du budget eau permet de garantir un retour sur investissement mais aussi de porter un nouveau regard sur la gestion de la ressource, d’autant plus en ces temps de crise.
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