TerDOUEST passe à l’est

TerDOUEST passe à l’est

Démarré en 2008, le projet de recherche TerDOUEST (Terrassement durable et Ouvrages en sols traités), destiné à améliorer les connaissances dans le domaine du traitement de sols, rendra ses conclusions en 2012. Pour confronter la théorie à la réalité, les expérimentateurs, avec l’appui du terrassier Roger Martin, ont érigé un remblai instrumenté en Haute-Saône.

 Le projet TerDOUEST (Terrassement durable et Ouvrages en sols traités) consiste à réutiliser les déblais en remblais en maîtrisant au maximum les risques. Un enjeu important dans le contexte actuel d’économie des ressources naturelles. » Pour Yasmina Boussafir, adjointe au chef du département géotechnique eau et risques à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) – organisme issu de la fusion récente du Laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC) et de l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets) –, l’injonction « zéro emprunt, zéro dépôt » édictée en 2001 par l’ex-Ministère de l’Equipement, des transports et du logement est devenue une impérieuse nécessité.

Zéro emprunt, zéro dépôt

Développement durable oblige, l’initiative TerDOUEST, lancée au printemps 2008 pour quatre ans (voir T&C n°130, p.20-21), a su séduire le pôle génie civil éco-construction de l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui a versé à ses instigateurs une subvention d’un million d’euros, soit le quart du budget du projet (4 millions d’euros). Les deux idées centrales de ce dernier est, d’une part, d’étudier la possibilité de valoriser les argiles très plastiques (argiles A3 et A4) après différents types de traitements à la chaux et/ou aux liants hydrauliques et, d’autre part, de suivre le comportement d’un remblai sur plusieurs années en le plaçant dans des conditions climatiques et hydriques particulièrement difficiles, comme les inondations par exemple. Pour ce faire, les expérimentateurs ont érigé un ouvrage expérimental de 117 m de long, 10 m de large et de 5 m de haut divisé en deux parties égales (argileuse et limoneuse), chacune étant subdivisée en trois casiers selon leur traitement (chaux, ciment et chaux, sans traitement) recouverts de la partie supérieure des terrassements (PST), d’une couche de forme traitée et d’une couche d’assise routière (partie argileuse) ou ferroviaire (partie limoneuse). Les quelque 8 500 m3 de matériaux, pour lesquels 320 t de chaux et 162 t de ciment ont été utilisées, ont été mis en œuvre durant un mois par le terrassier Roger Martin, lequel a mobilisé pour l’occasion un échelon complet de terrassement – dont deux épandeurs Panien. Les sols utilisés pour le remblai ont été prélevés directement du chantier adjacent de contournement de l’agglomération d’Héricourt (RD438). « L’intérêt principal du remblai expérimental est de nous permettre de sortir du laboratoire et de confronter les résultats expérimentaux à nos hypothèses théoriques dans des conditions proches des conditions d’un chantier courant », résume Yasmina Boussafir. L’ensemble de l’ouvrage a ainsi été équipé d’une batterie de capteurs (piézomètres, accéléromètres, tassomètres, etc.) destinés à mesurer en permanence une multitude de paramètres : les teneurs en eau, le niveau de la nappe sous-jacente, les succions en peau sur les talus, les températures en surface et à l’intérieur du corps de remblai ainsi que les déplacements des couches de surface. Formalisée dans l’un des quatre modules de recherche du projet (module C, voir encadré), la question de la réutilisation des argiles A3/A4 semble pour l’heure résolue. « Même si les conclusions de nos travaux ne seront établies qu’en 2012, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que le réemploi des argiles plastiques est tout à fait possible, et ce avec des matériels traditionnels ! », annonce Yasmina Boussafir. Des interrogations demeurent cependant. Le comportement de ces matériaux sous l’action des trafics routiers et ferroviaires reste encore à analyser d’ici à l’année prochaine. De même, l’étude précise de l’influence des cycles gel/dégel sur le remblai a été écartée par les experts de TerDOUEST.

Les quatre « défis » du projet TerDOUEST

 Module A : Comprendre les mécanismes d’interaction entre les liants et les particules du sol en relation avec les propriétés géotechniques obtenues sur éprouvettes.

Module B : Mettre en évidence les facteurs pouvant conduire à altérer la performance d’un sol traité après sa mise en place et préciser les conditions de mises en œuvre permettant d’optimiser la durabilité des performances.

Module C : Edifier un remblai expérimental permettant de confronter les résultats obtenus en laboratoire avec un ouvrage grandeur nature.

Module D : Proposer une méthode d’évaluation « Développement durable » (DD) des techniques de traitement de sols ainsi que des outils et des méthodes pour la gestion des risques « DD » des projets.



Par La rédaction, le 28/09/2011

 
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